La Chine a fortement accéléré ses achats de pétrole russe au premier semestre. En un an, ses importations ont bondi de 92 % pour atteindre 7,04 millions de tonnes, selon les données d'Argus, une agence internationale indépendante spécialisée dans l'évaluation des prix des matières premières, rapportées le 14 août par Kommersant. Il s'agit de la plus forte progression parmi les principaux acheteurs de brut russe.
Cette avancée chinoise modifie progressivement la répartition des exportations russes en Asie. L'Inde reste le premier acheteur, mais son poids diminue, tandis que Pékin absorbe une part croissante des volumes disponibles. Une partie des marchandises qui devaient initialement partir vers l'Inde a d'ailleurs été redirigée vers la Chine au premier trimestre.
Les raffineries chinoises profitent notamment des difficultés d'approvisionnement au Moyen-Orient pour acheter davantage de brut russe. En Inde, la demande reste importante, mais les raffineurs se montrent désormais plus exigeants sur les prix.
La tendance pourrait se prolonger. Selon les experts cités par Argus, la Chine devrait continuer à augmenter sa part dans les achats de pétrole russe. L'Inde, de son côté, reste un acheteur important, même si sa place relative diminue face à la progression rapide des importations chinoises.
Dans le même temps, la Russie vend son pétrole dans des conditions moins favorables. La décote de l'Oural par rapport au Brent daté atteint désormais environ 25 dollars par baril. Elle s'explique notamment par la hausse des coûts de transport et par une demande indienne moins soutenue. Cette décote pourrait, selon Kommersant, encore augmenter en août. La baisse des cours mondiaux et le retour de volumes supplémentaires en provenance du golfe Persique renforcent la concurrence sur le marché.