Economie

Forum économique de Saint-Pétersbourg : allocution de Vladimir Poutine

Le président russe est intervenu lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Rendez-vous incontournable pour le monde des affaires russes, il se déroule du 15 au 17 juin. Plus de 170 000 personnes y sont attendues.

Vendredi 16 juin

Le Président Tebboune a salué les propos «modérés» de Vladimir Poutine, souhaitant un retour de la paix et offrant ses services pour une médiation dans le conflit ukrainien.

Le Président russe a remercié son homologue algérien, qui a fait l’effort de venir en Russie malgré les pressions. «Nous éprouvons de l’amour pour le peuple algérien, qui a combattu pour son indépendance», a aussi commenté Poutine.  

Les bombardements sur le territoire russe, sur les populations civiles dans la région de Belgorod notamment, visent à pousser la Russie à l’escalade, pour ensuite diaboliser Moscou, pense Poutine. Si cela continue, « nous allons envisager la création d’un cordon sanitaire sur le territoire ukrainien », a menacé le président russe.

Vladimir Poutine a demandé à l'auditoire de respecter une minute de silence en mémoire du dirigeant italien Silvio Berlusconi, décédé la semaine passée, et dont il a salué les efforts pour rapprocher l'Italie et la Russie. 

Le Président russe a par ailleurs rendu hommage à Jacques Chirac, un homme au savoir encyclopédique, une grande figure politique.

« L’OTAN est impliqué dans la guerre en Ukraine, il y des livraisons d’équipement lourd, ils envisagent des avions de chasse», a constaté le Président russe, avant de soutenir : «les F16 bruleront, comme les Léopards ». 

«L'Occident profite de la crise actuelle en Ukraine, c'est devenu une excuse pour dissimuler ses erreurs» a tancé Vladimir Poutine, évoquant la «forte hausse de l'inflation».

«La Russie joue un rôle important dans la diminution de l’intensité des crises actuelles, grâce à sa politique, grâce aux livraisons de blé que la Russie fournit aux pays qui en ont besoin», estime le président algérien Abdelmadjid Tebboune. «La Russie accorde de l’aide aux pays pauvres, car ce sont ces pays-là qui pâtissent des crises actuelles», poursuit-il.

«Nous devons lutter contre cela. La Russie est le pays qui a le plus souffert dans la lutte contre le nazisme. Nous n’oublierons jamais cela», déclare le chef d’Etat russe après la diffusion d’image d’archive, revenant notamment sur le massacre de Babi Yar où plus de 30 000 juifs furent fusillés en septembre 1941. Massacre dans lequel furent impliqués les combattants de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN).

«J'ai beaucoup d'amis juifs depuis l'enfance. Et ils disent que Zelensky n'est pas juif, mais une honte pour le peuple juif», déclare Vladimir Poutine, interrogé sur l’objectif de «dénazification» de l'opération russe en Ukraine, alors même le président du pays, Volodymyr Zelensky est de confession juive. «En tant qu’héros de l’Ukraine sont aujourd’hui érigés des nazis, des adeptes d’Hitler» poursuit le chef d’Etat, qui souligne que «1,5 million de juifs ont été exterminés en Ukraine, surtout par les partisans de Bandera».

Sur le point de la contre-offensive ukrainienne, les pertes des forces de Kiev sont «10 fois plus grandes» que celles des Russes, en termes de matériel, selon Vladimir Poutine.

«Ce n’est pas nous qui avons menti à nos partenaires [occidentaux, ndlr.], ce sont eux qui, en signant les accords de Minsk ne voulaient, en réalité, rien faire», souligne le président russe, interrogé sur le conflit en Ukraine.

Flotte de brise-glaces, construction et rénovation des voies de communication routières ainsi que de hubs ferroviaires, développement du réseau internet… Vladimir Poutine revient sur l’«important» travail de développement des infrastructures régionales, afin d’augmenter l’interconnectivité des territoires de la Fédération.

Un développement, autant destiné à améliorer la qualité de vie des habitants, des entreprises, qu’à favoriser le tourisme. Le président russe souligne que la fréquentation des hôtels à travers le pays a augmenté 16,7%.

Depuis 2016, la Russie est le premier exportateur mondial de blé rappelle Vladimir Poutine. La Russie «va participer de manière active dans la sécurité alimentaire mondiale», assure-t-il, évoquant notamment le cas des pays africains.

«Nous ne fermons la porte à personne, nous n’avons pas peur de la concurrence», assure le président russe, soulignant que l’«attitude» des entreprises à l’égard de la Russie sera toutefois prise en compte. Les firmes étrangères qui seront restées en Russie malgré les pressions occidentales seront considérées avec le même égard que des entreprises nationales.

Vladimir Poutine évoque le départ des multinationales comme une «stimulation» du tissu économique russe. Il souligne notamment une croissance de 10% en 2022 dans le secteur agricole, «pour toutes les catégoriques de  produits». «Nous sommes pratiquement autosuffisants dans toutes ces catégories» et «très actif en matière d’exportations» a-t-il poursuivi.

Toujours sur les indicateurs économiques, le président russe souligne une inflation «inférieure à celle de nombreux pays occidentaux» s’établissant à 2,9%, ainsi qu’un taux de chômage à 3,3%. Là encore, un chiffre «historiquement bas».

Devant l’assemblée, le président russe affirme que le deuxième trimestre 2022 a été le plus difficile pour l’économie russe. «Aujourd'hui nous pouvons dire avec certitude que la stratégie alors choisie a fonctionné - les tendances macroéconomiques se renforcent», assure Vladimir Poutine, annonçant une croissance du PIB de 3,3% en avril sur un an.

Vladimir Poutine intervient lors de la session plénière du Forum économique de Saint-Pétersbourg.

Vladimir Poutine intervient lors de la session plénière du Forum économique de Saint-Pétersbourg.