Afrique

Éthiopie : le président dénonce des «ingérences» tandis que les combats s’intensifient autour du Tigré

Alors que le président Taye Atske Selassie dénonçait devant l’ONU l’ingérence d’«acteurs extérieurs», l’armée éthiopienne a affirmé avoir repoussé plusieurs attaques des combattants du FLPT. Des coupures d’internet et de communications ont été signalées dans le nord du pays et les habitants du Tigré ont commencé à s’approvisionner dans la panique.

Le président éthiopien Taye Atske Selassie s’est exprimé le 23 septembre devant l’Assemblée générale des Nations unies, alors que les tensions s’intensifient dans le nord de son pays. Le chef de l’État a dénoncé le rôle d’« acteurs extérieurs » dans la déstabilisation de la région et affirmé que l’Éthiopie avait fait preuve d’une « immense retenue » malgré les ingérences dans ses affaires intérieures.

« Notre message aux forces de destruction et de chaos est clair et net. Nous les exhortons à respecter le droit sacré des populations de la Corne de l’Afrique à vivre dans la paix et la prospérité », a déclaré Taye Atske Selassie, tout en réaffirmant l’ambition de l’Éthiopie de devenir l’un des principaux moteurs de développement du continent.

Dans sa première déclaration depuis le début des hostilités, l’armée éthiopienne a affirmé avoir repoussé des attaques menées par les forces tigréennes et leurs alliés dans la région de l’Amhara, voisine du Tigré, a rapporté la presse éthiopienne le 24 septembre.

L’armée affirme avoir infligé de lourdes pertes à ses adversaires et saisi des armes, sans fournir davantage de précisions. Aucune source indépendante n’a, pour l’heure, été en mesure de vérifier ces affirmations. De son côté, le FLPT n’avait pas encore réagi officiellement à ces déclarations.

Une source humanitaire citée par l’AFP a également affirmé, le 24 septembre, que les forces tigréennes avaient eu recours à l’artillerie lourde lors d’une offensive visant à s’emparer de la ville de Yallo, à proximité de la frontière du Tigré. Cité par l’AFP, le vice-président du FLPT, Amanuel Assefa, a déclaré : « Nous sommes désormais en situation de guerre ouverte. »

Internet perturbé et achats de panique dans le Tigré

La connectivité à internet a été fortement perturbée ce 25 septembre dans le nord de l’Éthiopie, sur fond d’intensification des combats entre l’armée fédérale et les forces tigréennes. NetBlocks, organisation spécialisée dans la surveillance de la connectivité numérique, a indiqué que ses données faisaient apparaître une perturbation d’internet à l’échelle infranationale dans le nord du pays.

Plusieurs médias ont également fait état de difficultés à établir des communications, y compris téléphoniques, avec Mekele, capitale du Tigré, ainsi qu’avec la ville de Shire. Ces perturbations font craindre le retour de coupures prolongées d’internet et des réseaux mobiles, comme celles qu’avait connues la région durant le conflit de 2020-2022.

Par ailleurs, des habitants du Tigré ont commencé à constituer des réserves de nourriture et d’autres produits de première nécessité, provoquant des achats de panique par crainte de perturbations des communications, des services bancaires, de l’électricité et des approvisionnements.

La nouvelle escalade entre le gouvernement éthiopien et le FLPT a débuté le 22 septembre par des affrontements le long de la frontière entre le Tigré et l’Afar, avant de gagner d’autres zones de l’Amhara. Le lendemain, les forces tigréennes ont pris le contrôle des aéroports de Mekele, d’Axoum et de Shire, tandis que les combats se propageaient aux régions voisines.

Les Nations unies, l’Union européenne et l’Union africaine ont appelé à une désescalade immédiate et à la reprise du dialogue afin d’éviter un nouvel embrasement. Le conflit de 2020-2022 avait fait environ 600 000 morts selon une estimation citée par l’Union africaine et entraîné le déplacement d’environ un million de personnes.