Afrique

Burkina Faso : clôture de la 8ᵉ édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest à Ouagadougou

L’événement a réuni les délégations des États de l’AES pour discuter des défis de l’extraction et de la transformation des ressources naturelles pour une création de richesse au service de la souveraineté et du développement durable.

La 8ᵉ édition de la Semaine des activités minières d’Afrique de l’Ouest (SAMAO) 2026, tenue sous le thème « Gouvernance des ressources extractives : enjeux géopolitiques, défis et opportunités pour les États africains », a fermé ses portes le 18 septembre dans la capitale burkinabè, Ouagadougou. L’événement était couplé à la 1ʳᵉ édition de la Semaine de l’énergie et des mines de l’AES (SEM-AES), prévue du 14 au 19 septembre. Les travaux menés durant l’événement ont mis en évidence les défis qui s’imposent aux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) en termes de maîtrise de la souveraineté économique, de renforcement des capacités nationales, de transformation locale des ressources, de protection de l’environnement et de sécurisation des activités minières.

Le ministre en charge des Mines, Zabré Yacouba Goub, a déclaré que « les ressources doivent davantage contribuer à la transformation structurelle de notre économie », tout en mettant l’accent sur la maîtrise de la souveraineté économique. La définition d’une liste commune de minéraux critiques, l'harmonisation des fiscalités extractives, le développement d'infrastructures conjointes et la mise en commun de la chaîne pétrolière, notamment par la création de corridors carburant, d’interconnexion électrique, de raffinage et de stockage ont également été soulevés lors des discussions.

Transformer la richesse naturelle en prospérité durable

« L’avenir de l’Afrique ne saurait se limiter à l’exportation des matières premières. Il réside dans la création d’industries compétitives, dans l’innovation technologique, dans la création de richesses et dans la valorisation des expertises africaines », a souligné Zabré Yacouba Goub qui a mis en exergue la nécessité de développer les capacités industrielles qui permettent de transformer localement une plus grande part des ressources extraites à un moment où la demande mondiale augmente pour plusieurs ressources stratégiques du continent sur fond de tensions affectant les chaînes d’approvisionnements.

Les quatre grands défis du secteur extractif sahélien

Selon Zabré Yacouba Goub, trois défis majeurs s’imposent aux pays du Sahel en matière d’extraction et de gestion des ressources minières. Le premier est celui de la souveraineté économique et la mise à profit des ressources naturelles pour transformer structurellement les économies du continent vers la création de valeur. Le second concerne le développement des ressources des pays de la région en permettant une marge de manœuvre accrue aux ingénieurs, techniciens, géologues et entrepreneurs africains dans les différentes étapes de la chaîne de valeur. Le troisième porte sur la prospection des ressources, la protection de l’environnement et le développement durable qui peuvent être assurés, selon le ministre, en instaurant un équilibre entre rentabilité économique, justice sociale et préservation des écosystèmes pour les générations futures. Le dernier défi pour les pays de la région est d’ordre sécuritaire avec la nécessité de sécuriser les zones et les structures de production minières pour assurer un développement durable du secteur.

Les échanges qui se sont déroulés durant la SAMAO ont permis de formuler plusieurs recommandations pouvant servir de feuille de route pour encadrer les réformes et la coopération engagées par les pays de l’AES.