Les ministres chargés de l’administration territoriale des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), accompagnés de plusieurs experts, ont tenu pendant deux jours, à Ouagadougou, une concertation consacrée à la coopération transfrontalière. À l’issue des travaux, dans l’après-midi du 16 septembre, deux instruments juridiques ont été validés.
Le premier, composé de 27 articles, est un projet de protocole additionnel au traité portant création de la Confédération des États du Sahel, relatif à la coopération transfrontalière. Signé par les autorités compétentes des trois pays, il sera soumis à la ratification des États confédérés, étape qui permettra son entrée en vigueur. Le second, composé de 10 articles, porte sur l’institution d’un cadre de concertation transfrontalier entre les autorités administratives des régions frontalières de l’Alliance.
Représentant le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, lors de la concertation, le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo, a estimé que cette étape marquait une avancée décisive dans la construction de l’espace confédéral. Le dispositif doit permettre aux gouverneurs des régions concernées de communiquer directement, de mutualiser leurs moyens et d’agir conjointement face aux défis communs.
Dans ce contexte, il les a appelés à s’approprier ce mécanisme afin d’en faire un outil de gouvernance de proximité. « Ce cadre permettra désormais à nos gouverneurs et autorités locales de dialoguer régulièrement, d’anticiper les défis communs et d’apporter des réponses coordonnées aux problématiques sécuritaires, humanitaires et de développement qui se posent à nos populations frontalières », a-t-il précisé.
Faire des frontières « des espaces de paix, d’intégration et de développement »
Pour le ministre malien de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Issa Ousmane Coulibaly, « les frontières constituent des espaces de vie et d’échanges », en raison des liens sociaux, culturels, économiques et familiaux qui unissent les populations locales. Il a ainsi plaidé pour en faire « des espaces de paix, d’intégration et de développement » grâce à la coopération transfrontalière.
Le ministre a également estimé qu’au-delà des questions de défense et de sécurité, le protocole additionnel devait permettre de mieux structurer les relations entre les administrations et les collectivités des trois pays, notamment dans les domaines du commerce, de la mobilité, de la gestion des ressources naturelles et de la prévention des conflits.
Dans son intervention, le représentant du Niger, Ayouba Abdourahmane, secrétaire général du ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, a souligné l’importance de la dimension sécuritaire. Il a appelé les États membres de l’AES à dépasser les approches strictement nationales au profit d’une réponse collective et coordonnée, reposant notamment sur le partage de renseignements, la surveillance des zones frontalières et la coordination des opérations, tout en favorisant le développement socio-économique de ces territoires.
Les deux nouveaux instruments visent ainsi à renforcer la coopération entre les trois pays de la Confédération des États du Sahel et à faire des espaces frontaliers des zones de sécurité, d’intégration et de développement.