Les premiers véhicules blindés adaptés et transformés au Burkina Faso viennent d’intégrer officiellement l’arsenal des Forces de défense et de sécurité burkinabè, a indiqué la Présidence du Faso le 13 septembre sur sa page officielle Facebook. Les engins, baptisés « Nanga », qui signifie « scorpion » en langue mooré, s’inscrivent dans la politique « Made in Burkina », lancée par le gouvernement pour concevoir, produire et adapter des équipements de défense localement.
Selon la presse burkinabè, cette production locale devrait permettre de développer des capacités industrielles nationales dans le domaine de la défense, de renforcer l’équipement des troupes et de réduire le recours aux importations de matériel militaire sur fond de lutte contre les groupes armés qui sévissent dans la région du Sahel. Pour les autorités, cette politique représente également un moyen de dynamiser l’industrie locale et de créer des emplois.
« On ne commande plus, on va fabriquer sur place »
Dans la communication de la Présidence du Faso, le président burkinabè Ibrahim Traoré a annoncé l’arrêt de toute nouvelle commande de véhicules blindés à l’étranger au profit de la fabrication locale des équipements requis. « Je ne commande plus de véhicules blindés, c'est terminé, nous fabriquons. Ce qu'on a commandé, ce qui est venu, c'est ça, ce qui est en route, c'est ça, mais c'est terminé, on ne commande plus, on va fabriquer sur place », a martelé le chef de l'État. Il a aussi ajouté qu’« il ne faut pas avoir peur d'échouer, on peut le faire, ça ne va pas marcher, on va modifier, on va réussir ».
Des pick-up transformés en véhicules de combat
Les engins « Nanga » sont des pick-up dont la carrosserie a été remplacée par un blindage conçu et produit localement, avec des châssis renforcés et adaptés aux divers terrains et au poids supplémentaire dû aux renforts métalliques.
Dans le cadre de la même initiative, le Burkina avait mis en service le complexe industriel TEXFORCES-BF à Bobo-Dioulasso, le 9 septembre dernier, pour produire des tenues à destination des Forces de défense et de sécurité, avec un investissement de 17 milliards de francs CFA.