Le Rwanda veut renforcer sa place dans la chaîne de valeur du tungstène : Almonty Industries, groupe minier américano-canadien, a annoncé, le 14 septembre, la conclusion d'un accord avec Kigali, soutenu par le gouvernement américain, pour développer l'exploration et la transformation de ce minerai.
Selon Almonty, le partenariat a été facilité par une mise en relation avec le département d'État américain et s'inscrit dans le cadre économique conclu en 2025 entre les États-Unis et le Rwanda. Cet accord vise notamment à favoriser les investissements dans ce type de ressources stratégiques.
Dans le cadre de l'opération, le Rwanda prendra une participation de 25 % dans Almonty Rwanda Pty Ltd, en apportant la concession d'exploration de tungstène de Shyorongi ainsi qu'une licence de traitement des minerais ; Almonty conservera les 75 % restants.
Une première phase basée sur les producteurs existants
Le projet devrait d'abord s'appuyer sur le minerai provenant de détenteurs de licences existants, notamment des exploitants miniers artisanaux et à petite échelle. Celui-ci pourra être exporté ou subir une première transformation avant la construction d'une unité de traitement plus importante.
Almonty prévoit également d'explorer la concession de Shyorongi, d'une superficie de 32 km², et d'utiliser une unité mobile pour le traitement des résidus miniers. À terme, le projet pourrait déboucher sur la création d'une installation centralisée de traitement.
Le Rwanda est le seul pays africain à figurer parmi les dix premiers producteurs mondiaux de tungstène, selon l'US Geological Survey. Les autorités cherchent à renforcer le traitement local des minerais afin d'accroître leur valeur ajoutée sur le territoire national.
Washington veut diversifier les approvisionnements
L’accord survient dans un contexte de concurrence accrue autour des minerais critiques. Les États-Unis renforcent leurs partenariats avec plusieurs pays africains, dont la République démocratique du Congo et le Rwanda, tout en développant leurs relations avec d’autres producteurs afin de diversifier les chaînes d’approvisionnement mondiales et de réduire leur dépendance à l’égard de la Chine.
Le tungstène revêt également une importance stratégique pour l’industrie de défense. De nouvelles règles américaines sur les achats militaires doivent entrer en vigueur en janvier 2027 et imposeront, pour certaines chaînes d’approvisionnement de défense, une traçabilité du tungstène jusqu’à son origine.
Le projet rwandais s’inscrit ainsi à la fois dans la volonté de Kigali de développer la transformation locale de ses ressources minières et dans les efforts occidentaux visant à sécuriser des approvisionnements en minerais critiques en dehors de la Chine.