Afrique

AI-Forward Summit 2026 en Tunisie : vers une gouvernance arabe commune de l’intelligence artificielle

La Tunisie accueille la deuxième édition du sommet technologique afin de discuter de la création d'un cadre arabe commun pour la gouvernance de l'IA et d'aborder les enjeux économiques, de souveraineté et humains de cette technologie dans la région arabe.

Dans sa seconde édition, qui a démarré le 9 septembre dans la ville de Hammamet, au nord-est de la Tunisie, l’AI-Forward Summit 2026 est un sommet ministériel considéré comme un événement phare du monde arabe en matière d'intelligence artificielle (IA), de gouvernance et de transformation économique. Il est tenu sous l’égide de l'Organisation arabe des technologies de l'information et de la communication (AICTO) en partenariat avec le ministère tunisien des Technologies de la communication.

L’événement a réuni des ministres, de hauts responsables gouvernementaux, des dirigeants d'entreprises technologiques, des experts et des investisseurs internationaux, ainsi que des acteurs du secteur de l’intelligence artificielle venus de pays arabes et africains. La rencontre est tenue cette année sous le thème « Façonner l’avenir de l’IA, de la vision à la valeur ».

Un cadre arabe commun pour la gouvernance de l’intelligence artificielle

Les intervenants dans ce sommet ont souligné la nécessité de la création et de la mise en place d’un cadre arabe commun pour la gouvernance de l’intelligence artificielle, à un moment où cette nouvelle technologie impose son empreinte tant dans les secteurs économiques que sociaux. Le renforcement de la coopération régionale dans ce secteur technologique a également été évoqué afin de réduire la fracture numérique et la dépendance en matière de technologie.

À l’ouverture du sommet, le secrétaire général de la Ligue des États arabes, Nabil Fahmy, a souligné aussi la nécessité de préparer la jeunesse arabe aux mutations futures en la matière et a présenté les grandes lignes d’une initiative baptisée « Un nouvel agenda arabe », dont les axes principaux, au nombre de trois, reposent sur la réponse aux problématiques régionales, le développement institutionnel et le développement durable. Dans cette perspective, il a appelé à une évolution des organisations de la région pour définir son avenir, au lieu de recourir à des technologies développées dans d’autres régions du monde.

Relever les défis de l’IA en économie, en souveraineté et en gestion du capital humain

Prenant une place de plus en plus importante dans tous les domaines, et notamment dans le secteur économique, cet outil technologique offre des opportunités que les pays arabes et africains doivent saisir, selon le directeur général de l’AICTO, Mohamed Ben Amor, dont l’organisation est justement vouée à accompagner cette transformation et à aider à résoudre les défis qu’elle pose. Dans cette perspective, il a souligné la nécessité de conjuguer les efforts et de renforcer les partenariats régionaux pour faciliter les investissements dans la création d’infrastructures numériques, les data centers et toutes autres capacités nécessaires au développement de l’IA.

En tant que force émergente de transformation des modes de vie, des économies et des relations internationales, la poursuite de l’IA doit aussi obéir à un équilibre entre progrès scientifique et considérations éthiques, selon le secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l'étranger, Mohamed Ben Ayed. Il a appelé, dans ce contexte, à une approche faisant de cette technologie un moyen de réduire les disparités en investissant dans le capital humain, l’éducation et la recherche scientifique, rappelant que l’IA ne doit pas remplacer l’intelligence humaine. Il a par ailleurs appelé à intégrer la langue arabe dans le développement de l'IA, permettant ainsi un accès équitable au savoir et aux services numériques dans la région arabe.

Par ailleurs, une initiative baptisée « Al-Mostakbal » (L’Avenir) a été lancée lors du sommet, dont la fonction sera d’évaluer le degré de préparation des pays arabes à la technologie de l’IA.