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Égypte : un tombeau vieux de 4 400 ans découvert dans la nécropole de Saqqarah

Une mission hispano-égyptienne a mis au jour un mastaba abritant deux chapelles funéraires appartenant à un haut dignitaire égyptien et à son père. Remarquablement conservé, l’ensemble apporte un nouvel éclairage sur la nécropole en tant qu’espace de vie dans l’Égypte ancienne.

Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités a annoncé, dans un communiqué publié le 7 septembre, la découverte exceptionnelle d’un tombeau vieux de 4 400 ans, remontant à la fin de la Vᵉ dynastie (2494-2345 av. J.-C.), dans la nécropole de Mariette, au nord de Saqqarah, dans la province de Gizeh, à l’ouest du Caire. La découverte a été réalisée par une mission archéologique hispano-égyptienne dans le cadre d’un projet conjoint entre l’Universitat Autònoma de Barcelona (UAB) et le Conseil suprême des antiquités d’Égypte.

Le tombeau, un mastaba datant du règne du pharaon Djedkare Isesi, comprend deux chapelles funéraires. La première avait été commandée par un certain « Younmin », qui occupait plusieurs fonctions importantes dans l’appareil judiciaire de l’époque, notamment celles de juge, de directeur de tribunal et de greffier en chef chargé d’examiner les requêtes et les plaintes. La seconde était destinée à son père, « Ity », qui exerçait des fonctions administratives liées à la gestion des terres agricoles et des offrandes, précise le ministère du Tourisme et des Antiquités.

Un état de conservation remarquable

La chapelle funéraire de « Younmin » présente une façade ornée d’inscriptions funéraires adaptées à la personnalité et aux fonctions de son propriétaire, ainsi qu’une formule d’offrande et une représentation du défunt dans une pose solennelle. Elle comporte également de riches reliefs bien conservés, dont certains ont préservé leurs couleurs d’origine, représentant « des activités agricoles et des processions d’offrandes ».

Selon le ministère, ce tombeau « apporte des données nouvelles et précieuses sur l’architecture, l’art et la vie administrative de l’Égypte antique à la fin de la Vᵉ dynastie ». Les archéologues estiment que cet ensemble pourrait témoigner de l’ascension sociale de son propriétaire, qui aurait choisi de partager son destin funéraire avec son père.

La zone où le tombeau a été découvert était connue depuis les fouilles menées au XIXᵉ siècle par Auguste Mariette, mais n’avait jamais fait l’objet d’une étude approfondie. Cette nouvelle campagne de fouilles visait notamment à mieux comprendre les dynamiques sociales de la nécropole en tant qu’espace de vie, où les anciens Égyptiens honoraient leurs morts et participaient à l’édification de monuments funéraires.

Les recherches archéologiques auraient également révélé des indices de l’existence de deux autres mastabas dans la même zone, qui devraient faire prochainement l’objet de nouvelles fouilles.