Afrique

Côte d’Ivoire : l’État accélère la numérisation de l’administration avec un objectif de 700 services publics d’ici 2029

La Côte d'Ivoire engage une nouvelle phase de modernisation de l'État en misant sur des services publics plus accessibles et mieux coordonnés. Réunies à Abidjan, les administrations doivent définir les priorités d'un chantier qui doit porter à 700 le nombre de services en ligne d'ici 2029, avant le passage au «zéro papier» à l'horizon 2030.

Les autorités ivoiriennes ont réuni, les 3 et 4 septembre 2026 à Abidjan, des représentants de plus de 50 institutions publiques afin de déterminer les services administratifs à numériser en priorité. Cette rencontre doit servir de base à une feuille de route commune pour accélérer la transformation numérique de l’État.

À cette occasion, le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a fixé un cap : parvenir à 700 services publics numériques coordonnés et à fort impact dans les trois prochaines années.

Le point de départ reste toutefois limité. À ce stade, seuls 17 services sont présentés comme effectivement digitalisés. En parallèle, 620 services publics ont déjà été recensés, dont 140 examinés et 59 considérés comme particulièrement prioritaires en raison de leur impact. Le gouvernement prévoit désormais de constituer un premier portefeuille d’environ 100 services à transformer en priorité.

Une nouvelle méthode pour mieux connecter l’État

Au-delà du nombre de services, Abidjan veut surtout revoir la manière dont les projets numériques sont conçus. L’objectif n’est plus de multiplier les plateformes indépendantes, mais de mieux relier les systèmes existants et de permettre aux administrations d’échanger les informations qu’elles détiennent déjà.

Ce changement répond aux limites constatées dans les précédents programmes. Djibril Ouattara a reconnu en septembre 2026 que certaines initiatives avaient été « conçues en fonction des financements disponibles plutôt qu’à partir des besoins réels de l’administration et des populations ». Les autorités veulent désormais privilégier les projets répondant directement aux priorités nationales, éviter les doublons et mieux coordonner les moyens disponibles.

La nouvelle architecture repose sur trois éléments principaux : une identité numérique unique, une plateforme sécurisée d’échange de données entre administrations et un inventaire des infrastructures numériques publiques existantes. La Société nationale de développement informatique, la SNDI, doit jouer un rôle central dans cette coordination et dans l’interconnexion des différents systèmes publics.

Le principe recherché est simple : un citoyen ne devrait plus avoir à fournir plusieurs fois une information déjà détenue par l’administration. Pour les concours administratifs, par exemple, des documents comme le certificat de nationalité, le casier judiciaire ou les diplômes pourraient à terme être transmis directement entre les plateformes publiques.

Cap sur le « zéro papier » en 2030

L’objectif des 700 services doit être atteint dans les trois prochaines années, soit autour de 2029. Cette étape doit permettre d’élargir progressivement l’accès aux démarches en ligne tout en améliorant la circulation sécurisée des informations entre les différents services de l’État.

À plus long terme, la Côte d’Ivoire vise une administration « zéro papier » à l’horizon 2030. Le gouvernement mise pour cela sur la mutualisation des outils, le partage des données et une meilleure coordination entre les administrations, avec l’ambition de rendre les services publics plus simples, plus rapides et plus accessibles aux citoyens.