Afrique

La mutinerie du 29 août : le Niger accuse le gouvernement de Macron d'avoir soutenu les troubles et remercie la Russie

Après une tentative de mutinerie survenue au Niger à la fin du mois d'août, Niamey accuse directement le pouvoir français d'avoir soutenu les troubles. Les autorités nigériennes remercient, à l'inverse, la Russie, l'Algérie et les pays de l'Alliance des États du Sahel pour leur solidarité envers le Niger et ses institutions au cours de cette crise.

Les autorités nigériennes ont accusé directement le pouvoir français d'avoir soutenu les troubles survenus dans le pays à la fin du mois d'août, tout en remerciant la Russie et plusieurs partenaires régionaux pour leur soutien.

La position de Niamey a été présentée par Soumana Boubacar, porte-parole du gouvernement, lors de la lecture du communiqué du Conseil des ministres du 4 septembre. Selon les autorités, la tentative de mutinerie ne relevait pas d'une simple crise intérieure, mais d'une opération disposant de soutiens extérieurs. Le gouvernement nigérien a formulé son accusation contre Paris sans ambiguïté : « Cette opération [...] a été incitée et entretenue par un vaste réseau de connivence, à la tête duquel se trouve le régime français de Monsieur Macron ». Niamey a nuancé que les troubles avaient été provoqués et soutenus par un réseau dont les ramifications dépassaient les frontières du pays.

Dans le même temps, les autorités ont remercié les pays qui avaient manifesté leur solidarité dès le début de la crise. Elles ont cité les États membres de l'Alliance des États du Sahel (AES), l'Algérie et la Fédération de Russie.

La mutinerie a éclaté dans la nuit du 28 au 29 août autour de la base 101 et de plusieurs sites stratégiques de Niamey, avant d'être progressivement contenue par les forces nigériennes et ses alliés. L'appui de l'Africa Corps a constitué l'un des éléments importants de la reprise en main de la situation. Selon l'ambassadeur de Russie à Niamey, Viktor Voropaïev, le commandement de la base aérienne 101 a directement sollicité les militaires russes après le déclenchement des affrontements. L'Africa Corps a répondu à cette demande et participé aux opérations visant à neutraliser les mutins.

La Confédération des États du Sahel a réagi dès le 29 août en dénonçant une « entreprise de déstabilisation » contre le Niger. L'AES a réaffirmé son soutien aux institutions nigériennes et salué la loyauté ainsi que le professionnalisme des forces de défense et de sécurité, tout en appelant les populations du Niger, du Mali et du Burkina Faso à rester vigilantes face aux campagnes de désinformation et aux tentatives de division.