La République démocratique du Congo s’apprête à déplacer son ambassade en Israël de Tel Aviv à Jérusalem. L’annonce a été faite à l’issue de la visite de Félix Tshisekedi en Israël le 31 août, et dont les entretiens avec Netanyahou et Herzog ont eu lieu le 1er septembre.
Aucun calendrier n’a toutefois encore été fixé : les deux pays doivent poursuivre leurs consultations, tandis qu’Israël prévoit parallèlement d’ouvrir une ambassade résidente à Kinshasa.
Le choix est hautement symbolique. La majorité des États maintiennent leurs ambassades à Tel Aviv en raison du statut contesté de Jérusalem. Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël après 1967, est revendiquée par les Palestiniens comme capitale d’un futur État. En transférant sa représentation, Kinshasa rejoint donc un cercle très restreint de pays ayant rompu avec ce consensus diplomatique.
Un rapprochement tous azimuts
Cette décision prolonge surtout une proximité ancienne. Les relations diplomatiques remontent aux années 1960. Après les avoir rompues en 1973 à la suite de la guerre du Kippour, le Zaïre de Mobutu les rétablit dès 1982, devenant l’un des premiers États africains à renouer avec Israël. La coopération prend alors notamment une dimension militaire et sécuritaire.
Depuis son arrivée au pouvoir, Félix Tshisekedi a accéléré ce rapprochement. Dès 2020, devant l’AIPAC aux États-Unis, il annonce le retour d’un ambassadeur congolais en Israël, la création d’une section économique à Jérusalem et son soutien au plan israélo-palestinien proposé par Donald Trump. En 2023, il promet déjà de transférer l’ambassade si Israël ouvre une représentation à Kinshasa.
Le positionnement répond aussi à des intérêts très concrets. Kinshasa recherche l’expertise israélienne dans la défense et la sécurité, mais aussi dans l’agriculture, l’eau, les infrastructures, l’énergie et les technologies. Ces secteurs étaient encore au cœur des discussions de septembre 2026.
Cette proximité n’empêche cependant pas la RDC de critiquer certaines politiques israéliennes : devant l’ONU, elle a récemment dénoncé l’expansion des colonies en Cisjordanie et réaffirmé son attachement au droit international.