Afrique

Le gouvernement sénégalais trace sa trajectoire économique après l’accord de principe avec le FMI

Après avoir conclu avec le FMI un accord de principe portant sur un programme de financement de 2,2 milliards de dollars, le gouvernement sénégalais a multiplié les initiatives de communication pour rassurer les citoyens et tenter de calmer le débat sur le traitement de la dette.

Après la conclusion, le 1ᵉʳ septembre, d’un accord au niveau des services entre le gouvernement sénégalais et le Fonds monétaire international (FMI), ouvrant la voie à un programme de financement de 2,2 milliards de dollars sur trois ans, le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a présenté le même jour le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS). Celui-ci vise à restaurer durablement le profil de la dette et à dégager progressivement des marges de manœuvre pour financer les investissements publics et les secteurs prioritaires.

Multipliant les initiatives pour instaurer la confiance et la transparence vis-à-vis des citoyens, le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a également organisé, ce 3 septembre, une séance explicative au cours de laquelle plusieurs directeurs généraux ont exposé les enjeux du plan de traitement de la dette.

L’accord avec le FMI, « une nouvelle dynamique »

Dans une note au public, le ministre de l’Économie, Cheikh Diba, a estimé que cet accord marquait « le début d’une nouvelle dynamique pour le pays », axée sur des réformes destinées à assurer l’équilibre et l’équité dans la gestion économique et la répartition des ressources publiques. Il a également assuré que, dans un souci de transparence, le gouvernement exposerait l’ensemble des enjeux et prendrait les mesures nécessaires pour poursuivre le redressement et la relance de l’économie.

Le programme économique et financier élaboré par le gouvernement et soutenu par le FMI permettra, selon Cheikh Diba, des réformes « structurelles fortes » au profit d’une croissance forte et de la création des emplois, et permettra d’assainir des finances publiques, Il s'agit, seloi lui d'« un instrument au service de l’économie et des Sénégalais, en particulier les couches vulnérables ».

Restructuration ou reprofilage de la dette ?  

Alors que la question d’une restructuration ou d’un reprofilage de la dette nourrit le débat au Sénégal, le gouvernement défend son Plan de traitement de la dette comme une démarche souveraine, progressive et adaptée à la structure de l’endettement du pays. Selon les autorités, le PTDS doit permettre de réduire le service de la dette et les besoins de refinancement afin de dégager progressivement des marges de manœuvre et de réorienter davantage de ressources vers l’apurement des arriérés de l’État envers le secteur privé.

Cette orientation a également été défendue par Amadou Tidiane Gaye, directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor, lors de la séance explicative. Il a rappelé que le gouvernement avait inscrit 300 milliards de francs CFA dans la loi de finances afin d’accompagner le secteur privé. Cette enveloppe devrait être renforcée par l’inscription de 500 milliards de francs CFA dans la loi de finances 2026, une somme destinée notamment à poursuivre l’apurement de la dette intérieure d’ici la fin de l’année.

Pour le gouvernement sénégalais, l’accord conclu avec les services du FMI et le lancement du PTDS constituent un « message de confiance, de responsabilité et d’ambition », inscrit dans la trajectoire de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». L’accord avec le FMI doit toutefois encore être approuvé par la direction et le Conseil d’administration de l'institution de Bretton Woods.