Afrique

RDC : le gouvernement envisage une banque publique pour résorber le déficit de logements

Face à un déficit de plus de quatre millions de logements, la République démocratique du Congo envisage de transformer son Fonds national de l’habitat (FONHAB) en une banque publique dédiée au logement. Le projet vise notamment à mobiliser des financements à long terme et à faciliter l’accès des ménages au crédit immobilier.

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) souhaite renforcer son intervention dans le secteur du logement face à un déficit qui dépasse quatre millions d’unités à l’échelle nationale.

Lors du Conseil des ministres du 28 août, la Première ministre Judith Suminwa a proposé d’étudier la transformation du Fonds national de l’habitat (FONHAB) en une véritable banque publique dédiée au secteur. Les ministres de l’Urbanisme et des Finances ont été chargés d’examiner cette réforme.

La future institution aurait notamment pour objectif de mobiliser des financements à long terme, de développer le crédit hypothécaire et de faciliter l’accès des ménages à la propriété. Elle pourrait également contribuer à valoriser le patrimoine immobilier de l’État et à sécuriser les programmes de logements sociaux.

L’ampleur des besoins illustre l’enjeu auquel fait face le pays. Selon des estimations de la Société financière internationale (SFI), la RDC aurait besoin de 132 milliards de dollars d’investissements pour résorber son déficit en logements, soit environ sept fois le budget annuel de l’État.

Le pays devrait construire quelque 250 000 logements supplémentaires chaque année pendant 15 ans pour répondre à la demande. Kinshasa concentre à elle seule près de la moitié du déficit national, avec un besoin estimé à 140 000 logements par an.

Pour les autorités congolaises, la réforme envisagée ne se limite pas à accroître l’offre de logements. Elle doit également permettre d’attirer davantage de capitaux privés, de soutenir la création d’emplois et de renforcer la stabilité sociale.