« Cette année, les pays africains consacreront collectivement plus de 800 millions de dollars à des projets spatiaux, soit près du double de ces dépenses il y a deux ans », a rapporté le 24 août le Financial Times. Le quotidien économique britannique a notamment rappelé la création récente de l'Agence spatiale africaine (ASAf) par l’Union africaine (UA).
« À l'heure actuelle, plus de 21 pays africains ont mis en place des programmes spatiaux, et 18 d'entre eux ont lancé au moins un satellite », indiquait en septembre dernier un article de l'Africa Center for Strategic Studies (ACSS) repris par le FT et par d’autres médias occidentaux qui se font l’écho de ces nouvelles ambitions africaines.
« La souveraineté est le moteur principal. Les pays africains cherchent à réduire leur dépendance envers les puissances étrangères et occidentales, notamment pour les données géographiques et environnementales », peut-on ainsi lire sur Euronews qui titre sur ces pays africains qui entendent « réduire leur dépendance face à l'Occident ».
Une « nouvelle ère » dans la relation entre l'Afrique et l'Espace
Pour sa part, l’ACSS expliquait que cette « nouvelle ère » dans les relations entre l’Afrique et l’Espace aurait été impulsée par la rupture d’un câble sous-marin en mars 2024. Celle-ci avait privé 13 pays d’Afrique de l’Ouest d’une partie de leur accès à internet, illustrant la vulnérabilité des infrastructures terrestres et l’importance croissante des capacités spatiales pour le continent africain.
« Malgré cette panne, les services satellitaires tels que Starlink et NigComSat au Nigeria ont assuré une connectivité continue, illustrant la résilience et l'importance stratégique des réseaux spatiaux », relatait l’auteur de cet article-fleuve.
Selon cette même source, l’épisode aurait servi d’« électrochoc » aux entreprises et aux gouvernements africains, confrontés à des infrastructures exposées aux « accidents comme aux actes de sabotage ». « De la diffusion des programmes télévisés aux systèmes de navigation sur smartphones, en passant par l'extension de l'accès au haut débit en zone rurale, les satellites sont déjà devenus partie intégrante de la vie africaine », peut-on lire.
Au-delà des communications, les satellites sont désormais mobilisés pour la surveillance des frontières, le contrôle maritime, la gestion des ressources naturelles et la protection de la faune sauvage. Dans un continent confronté au terrorisme, à la contrebande, au trafic d’êtres humains, à la pêche illégale et à l’exploitation clandestine des ressources, les capacités d’observation spatiale constituent ainsi des « instruments concrets de souveraineté et de sécurité ».