L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a déjà fait « plus de 2516 morts », a déclaré le 21 août Julien Harneis, coordinateur principal d'Ebola pour les Nations unies, évoquant une épidémie qui « se propage de façon exponentielle » et touchant dorénavant six provinces congolaises. « Elle s'intensifie et s'étend plus vite que les efforts déployés dans toute la région », a-t-il insisté depuis Bunia, épicentre de la maladie.
Selon les chiffres de l'Institut national de santé publique, « 5 458 cas ont été confirmés, pour 2 606 décès, soit un taux de létalité de 47,7 % », a rapporté le même jour dans un communiqué l'ONG Médecins sans frontières (MSF). Cette dernière affirme « constater partout une grande méfiance » dans la population « à l'égard de la réponse mise en place » afin d'endiguer la propagation de cette épidémie de fièvre hémorragique considérée comme la plus meurtrière de l'histoire de la RDC.
« Cela signifie que de nombreuses personnes meurent chez elles ou au sein de leur communauté sans recevoir de soins et que le virus continue de se propager avant même que les cas ne soient détectés », a souligné MSF, affirmant que « 60 % des décès dus à la maladie » auraient lieu en dehors des centres de traitement d'Ebola.
Une tendance qu'avait déjà établie, un mois plus tôt, le chef des urgences de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Chikwe Ihekweazu. Ainsi, le taux de mortalité dans « les communautés » oscillerait entre 60 et 70 % contre 10 à 15 % dans les centres.
Chikwe Ihekweazu avait alors évoqué une lutte comparable à « un marathon », dans laquelle il faudra de la « patience ». Le constat dressé à l'époque par cet épidémiologiste était moins alarmiste qu'aujourd'hui : l'épidémie, alors la troisième plus importante d'Ebola dans ce pays africain, était malgré la rapidité de sa propagation considérée par ce responsable de cette agence onusienne comme n'étant « pas hors de contrôle ».