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Gabon : 66 ans après l’indépendance, le 17 août entre mémoire et nouveau départ

Le Gabon célèbre ce 17 août le 66e anniversaire de son indépendance. Défilé militaire, distinctions, inauguration de lieux de mémoire et promotion du «Made in Gabon» rythment cette fête nationale, désormais célébrée dans un pays profondément transformé depuis la chute d’Ali Bongo en 2023.

Le 17 août 1960, le Gabon accédait à la souveraineté internationale. Soixante-six ans plus tard, cette date demeure le principal rendez-vous patriotique du pays, mais elle prend cette année une résonance particulière : le pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema cherche à inscrire la Ve République dans une histoire nationale renouvelée, entre hommage aux fondateurs et affirmation d'une nouvelle souveraineté.

Une fête nationale placée sous le signe de la mémoire

À Libreville, les cérémonies du 17 août restent notamment marquées par le traditionnel défilé militaire sur le boulevard du bord de mer. Sa préparation avait débuté dès le mois de juillet avec plusieurs répétitions générales et des restrictions de circulation dans la capitale.

Le pouvoir a également souhaité donner une dimension patrimoniale à ce 66e anniversaire. Brice Oligui Nguema avait exigé l'achèvement pour le 17 août de deux chantiers situés face à la place de l'Indépendance : la réhabilitation du Musée national Léon Mba, consacré au premier président gabonais, et la construction du Musée Georges Damas Aleka, auteur de l'hymne national La Concorde. Les autorités présentent ces établissements comme des lieux de transmission de l'histoire nationale destinés aux élèves, chercheurs et touristes.

La fête s'accompagne également de 1 268 distinctions honorifiques. Innovation cette année : les décorations peuvent être remises dans les différentes provinces et non plus seulement à Libreville, une façon concrète de décentraliser les célébrations nationales.

Du 14 au 19 août, une Foire commerciale de l'indépendance met parallèlement en avant des entrepreneurs, artisans et producteurs locaux, avec l'ambition d'associer souveraineté politique et promotion économique. Dans ce contexte, une exemption de visa réciproque a été annoncée avec la RDC la veille des festivités nationales.

Mais le calendrier gabonais raconte désormais deux ruptures : celle du 17 août 1960 et celle du 30 août 2023, jour du départ d'Ali Bongo, rebaptisé depuis « Coup de la Libération » et devenu nouvelle fête nationale.

Dans un texte publié début août, Gabonews reprend cette tension mémorielle : ces dates « ne s'opposent pas » mais racontent ensemble l'histoire du pays.

Le 17 août reste donc la célébration de l'indépendance, mais il devient aussi, sous Oligui Nguema, l'un des instruments d'un nouveau récit national, fondé sur la souveraineté, le patrimoine et la rupture avec l'ère Bongo dont les descendants ont encore maille à partir avec la justice.