Afrique

Sénégal : le Forum de l'entrepreneuriat et de l'emploi (F2E) ouvre ses portes à Dakar pour sa deuxième édition

La rencontre aborde les défis socioéconomiques et de l'emploi au Sénégal, dans l'ambition d'accélérer le développement industriel et de trouver des solutions durables au chômage chronique, en accordant une place centrale à la formation.

La deuxième édition du Forum de l'entrepreneuriat et de l'emploi a démarré ce 10 août à Dakar sous le thème « Le temps de la transformation : entreprendre, investir et innover pour bâtir le Sénégal de demain ». L'événement ambitionne d'apporter des solutions innovantes et durables aux questions de l'emploi et des transformations économiques et numériques. Les échanges entre participants prennent aussi en compte l'ambition du gouvernement de booster le développement industriel du pays, dans le cadre de la Vision 2050, une visée qui ne saurait se concrétiser sans lever les freins à l'emploi, faciliter l'accès au financement des entreprises, renforcer la compétitivité et promouvoir l'innovation.

Adapter la formation aux objectifs de développement socioéconomiques

Parmi les questions qui posent de sérieuses entraves à l'économie sénégalaise figure celle de l'inadéquation de la formation académique aux besoins et aux objectifs de développement socioéconomiques du Sénégal. Pour Amadou Ly, président du club des investisseurs du Sénégal, il est certes nécessaire d'orienter tout bachelier sénégalais vers l'université, mais il faut aussi tenir compte de la pertinence des cursus proposés, surtout en matière de sciences et de technologies, conformément aux exigences d'un marché qui demande des compétences pointues dans ces disciplines.

Opter pour une approche « dynamique et agressive » envers le secteur informel

Pour Aminata Touré, économiste et haut représentant du président sénégalais, les économistes africains ont failli dans la reconceptualisation de la pensée économique en prenant en compte les réalités africaines. « Vous ne pouvez pas être dans un pays où 80 % de la création de la richesse est produite par "le secteur informel", sans approche dynamique et agressive envers ce secteur pour qu'il ait accès aux ressources, pour qu'il soit formé et pour qu'il soit "formalisé" ». À cette fin, le gouvernement sénégalais a lancé un programme national pour réduire de 50 % ce pourcentage d'ici 2030.

« Placer l’emploi au cœur de processus productif »

Le chômage chronique ne cesse d'augmenter d'année en année au Sénégal, comme l'attestent les chiffres de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), qui font état d'une hausse du taux de chômage à 22,9 % pour le premier trimestre de l'année 2026, en augmentation de 1,2 point par rapport à la même période en 2025. Dans son intervention lors du forum, Idrissa Samb, ministre sénégalais de l'Emploi et de la Formation professionnelle et technique, a indiqué la volonté du gouvernement de « placer l'emploi au cœur du processus productif ». Les difficultés d'insertion ne devraient plus être résolues « en aval », mais pensées « dès la conception des pratiques agricoles, industrielles, énergétiques, numériques, infrastructurelles et en matière d'investissement » afin de déterminer les emplois qu'elles sont supposées générer et les compétences qu'elles nécessitent.