La République démocratique du Congo honore ce 2 août les dizaines de millions de morts et de victimes des guerres et des conflits armés qui ont et continuent d’endeuiller le pays depuis près de trois décennies. Cette commémoration est organisée dans le cadre de la Journée nationale du GENOCOST. Le terme est composé de la contraction de « Geno », référant au terme génocide, et de « Cost » signifiant coût en anglais. L’appellation GENOCOST désigne le génocide que les Congolais ont subi à cause de l’exploitation économique de leurs richesses naturelles.
Cette commémoration avait été adoptée par l’Assemblée nationale congolaise et le Sénat, avant d’être promulguée par le président du pays, Félix Tshisekedi, le 26 décembre 2022. Le texte adopté fixe les principes fondamentaux relatifs à la protection et à la réparation des victimes. Il prévoit également une mobilisation nationale et internationale afin de marquer cette journée dans toutes les provinces ainsi qu’au sein des ambassades de la RDC, en réunissant citoyens et partenaires autour d’espaces de dialogue, de mémoire et de paix.
Bataille diplomatique pour faire reconnaître le GENOCOST à l’international
Le gouvernement congolais s’est engagé à faire reconnaître le « génocide économique au Congo » à une échelle internationale. Cette cause a déjà été portée à Genève en 2025, lors de la 60ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies et plus récemment, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, entre autres événements dédiés à la reconnaissance du génocide congolais. Les autorités du pays ont fait part de leurs efforts pour intensifier ce genre d’initiatives cette année à l’occasion des grands forums mondiaux.
Le texte de 2022 prévoit également la création de deux institutions : le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles (FONAREV) et la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR), qui seront épaulées par l’expertise d’un nouveau Conseil consultatif international, mis en place afin d’examiner et de contribuer à la reconnaissance des atrocités commises en RDC trois décennies durant. Cet organe, composé de personnalités de premier plan issues des domaines du droit international, de la diplomatie et du monde universitaire, est coprésidé par la défenseuse congolaise des droits humains Julienne Lusenge et par Sir Howard Morrison KC, l’un des plus grands spécialistes britanniques du droit pénal international et du droit international humanitaire.
En se basant sur les conclusions du rapport Mapping des Nations unies de 2010 et sur les violations récentes des droits de l’homme durant le conflit qui se poursuit toujours dans l’est de la RDC, le Conseil apportera son expertise sur les processus juridiques et diplomatiques nécessaires à la reconnaissance officielle des atrocités perpétrées et à l’établissement des responsabilités de leurs auteurs.