Un sondage mené auprès de jeunes Africains de plusieurs pays du continent a révélé qu’un quart de la jeunesse africaine estime que les réductions de l'aide étrangère américaine pourraient être bénéfiques à leurs pays en incitant les gouvernements à s'attaquer aux problèmes internes plutôt qu'à dépendre de l'aide extérieure.
L'enquête a révélé que 26 % des personnes interrogées voyaient d'un bon œil les réductions d'aide de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), alors que 46 % prévoyaient des impacts négatifs. Pour 16 % des jeunes Africains, l’interruption des aides américaines ne changerait rien, tandis que 11 % d’entre eux sont indécis. L'optimisme concernant ces réductions était le plus marqué au Ghana (41 %) et au Nigeria (40 %), tandis que l'inquiétude était la plus forte au Mozambique (76 %), suivi du Kenya (63 %) et du Rwanda (63 %).
Plus de la moitié des jeunes Africains craignent un impact dans une multitude de domaines
Le rapport indique qu'un peu plus de la moitié des personnes interrogées (53 %) craint que les services de santé et la prévention des maladies soient les secteurs les plus durement touchés par la réduction du financement américain. « L’inquiétude est ressentie le plus vivement en Zambie et au Mozambique, où plus de quatre personnes sur cinq (83 %) déclarent déjà en subir les conséquences, et au Kenya, où les trois-quarts (75 %) partagent ce sentiment », est-il indiqué.
L'éducation, le développement économique et la sécurité alimentaire figurent également parmi les domaines les plus susceptibles d'être affectés, selon les personnes interrogées.
Une enquête dans 16 pays africains
Le sondage « African Youth Survey 2026 » a été mené par la fondation familiale sud-africaine Ichikowitz auprès de 4 901 personnes âgées de 18 à 24 ans dans 16 pays africains. Les chercheurs ont réalisé des entretiens en face-à-face au Burkina Faso, au Tchad, en République du Congo, en République démocratique du Congo, en Éthiopie, au Ghana, au Kenya, au Libéria, au Mozambique, au Nigeria, au Rwanda, en Somalie, en Afrique du Sud, au Togo, en Zambie et au Zimbabwe.
« Assumer la responsabilité de leur propre réalité »
Les résultats font écho aux points de vue de certains experts africains en politiques publiques, qui estiment que la réduction de l'aide étrangère pourrait inciter les gouvernements à s'appuyer davantage sur leurs ressources nationales. C’est ce qu’a d’ailleurs exprimé Ivor Ichikowitz, qui a déclaré que « le constat principal [de l’enquête] est que les jeunes s’inquiètent des gouvernements trop influencés par les puissances étrangères. Ils affirment que les gouvernements africains doivent prendre leurs responsabilités et assumer la responsabilité de leur propre réalité ».
« L'effondrement du financement de l'USAID offre à l'Afrique et à ses dirigeants l'occasion de repenser fondamentalement leur dépendance excessive vis-à-vis de l'aide étrangère occidentale et des donateurs », a déclaré à RT Michael Owuor, chercheur au Centre mondial pour les politiques et la stratégie (GLOCEPS).
Apport des partenariats étrangers et rôle de l’ONU
D’après les résultats de l’enquête, si la jeune génération africaine n’exclut pas l’engagement international, elle attend des partenariats étrangers qu’ils apportent des améliorations concrètes à son quotidien. Concernant le rôle des Nations unies, l’organisation jouit en effet d’une image de confiance auprès de la jeunesse du continent, qui souhaite tout de même la mise en place d’une réforme et la création d’un siège permanent de l’Afrique au Conseil de sécurité.
Ces conclusions interviennent après le démantèlement de l’USAID par l'administration du président américain Donald Trump. En février 2025, l'agence a annoncé la mise en congé administratif de la plupart de ses employés. Un mois plus tard, le département d'État américain a déclaré mettre fin à environ 6 300 programmes de l'USAID dans le monde.