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Incendies en Tunisie : près de 12 000 hectares de forêts détruits depuis le début de l’été

La situation s’est fortement aggravée depuis le 10 juillet, avec près de 12 000 hectares de forêts ravagés en Tunisie. Le Kef, Béja, Jendouba et Bizerte figurent parmi les régions les plus affectées. Le manque d’agents et d’équipements complique les interventions, tandis que l’Égypte a proposé son aide, alors que les secours restent sous pression.

La deuxième moitié du mois de juillet a marqué un tournant dans la saison des incendies en Tunisie. Selon les données communiquées le 29 juillet 2026 par la Direction générale des forêts, près de 12 000 hectares de couvert forestier ont été détruits entre le 10 et le 26 juillet.

Le Kef, Béja, Jendouba et Bizerte comptent parmi les gouvernorats les plus touchés. Le 23 juillet, un premier bilan faisait encore état de six incendies majeurs ayant ravagé plus de 4 000 hectares en moins de quinze jours. Plusieurs foyers restaient alors actifs, notamment à Takrouna, dans le gouvernorat du Kef, et à Cap Negro, dans celui de Béja.

Le bilan a ensuite été revu à la hausse, à mesure que les incendies se poursuivaient et que les superficies sinistrées étaient évaluées. Avant le 10 juillet, près de 900 interventions avaient déjà été recensées. Elles concernaient principalement des feux dans des cultures céréalières, sans pertes forestières importantes. La situation a brusquement changé avec l’apparition de foyers majeurs dans des zones montagneuses difficiles d’accès.

Des équipes confrontées au manque de moyens

La Tunisie ne dispose que de 260 agents forestiers pour surveiller près d’un million d’hectares, alors que les besoins sont estimés à environ mille agents. Au plus fort de la crise, certains d’entre eux sont restés mobilisés pendant 48 à 72 heures sans véritable relève.

À ce déficit d’effectifs s’ajoute le manque d’équipements adaptés. Les responsables forestiers réclament notamment le renouvellement des camions, le renforcement des engins lourds et une meilleure répartition du matériel entre les gouvernorats. Chaque région doit pouvoir intervenir rapidement, sans dépendre systématiquement de renforts venus d’autres parties du pays.

Les fortes températures ne sont pas directement à l’origine des incendies, mais elles accélèrent leur propagation. Selon un responsable de la Direction générale des forêts, près de 95 % des départs de feu sont liés à l’activité humaine, qu’il s’agisse d’imprudences, de brûlages agricoles ou d’actes volontaires. Plusieurs personnes ont été interpellées et des procédures judiciaires sont en cours.

Pour maîtriser plusieurs foyers majeurs, la Tunisie a également bénéficié d’un soutien aérien fourni par l’Algérie et l’Italie.

Des conséquences durables pour les régions touchées

Les dégâts se mesureront sur plusieurs décennies. Une forêt a besoin d’environ trente ans pour retrouver son équilibre écologique. Dans certains cas, la reconstitution complète de la végétation, de la faune et des interactions naturelles peut prendre entre 70 et 80 ans.

Les incendies menacent aussi les activités économiques locales. Dans plusieurs zones forestières, des familles dépendent de la collecte des plantes aromatiques, des ressources naturelles et des petites activités développées autour de ces espaces.

Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord estime que les incendies enregistrés au Maghreb traduisent une aggravation des risques climatiques. Selon l’organisation, le changement climatique ne provoque pas directement les départs de feu, mais peut favoriser leur propagation et renforcer leur intensité.

Parallèlement aux opérations menées sur le terrain, la Tunisie a reçu plusieurs marques de solidarité régionale. Lors d’un entretien téléphonique avec Kaïs Saïed le 28 juillet, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a proposé l’aide du Caire face aux incendies. Le chef de l’État tunisien a présenté les efforts engagés pour protéger les citoyens et les biens publics, tout en remerciant l’Égypte pour son soutien.