Afrique

Macky Sall, le candidat africain qui veut réformer les Nations unies

Seul candidat africain au poste de secrétaire général de l’ONU, Macky Sall a présenté sa vision d’une organisation plus efficace et transparente. Soutenu officiellement par le Sénégal, l’ancien président mise sur son expérience diplomatique et son rôle de médiateur.

À une semaine de l’ouverture officielle du processus de désignation du prochain secrétaire général des Nations unies, Macky Sall, seul Africain en lice, a défendu sa vision de réforme de l’organisation face à ses concurrents. Cette audition intervient après l’obtention du soutien officiel du Sénégal à sa candidature.

Réunis dans la très symbolique salle de l’Assemblée générale à New York, les six prétendants au poste de chef de l’ONU ont répondu, pendant 90 minutes, à des questions tirées au sort, soumises par des États membres, des employés de l’organisation et des représentants de la société civile. L’événement était retransmis par la web TV des Nations unies.

La Chilienne Michelle Bachelet, l’Équatorienne Maria Fernanda Espinosa, l’Argentin Rafael Grossi, la Costaricaine Rebeca Grynspan, la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett et Macky Sall ont ainsi présenté leur vision d’une ONU confrontée à de profondes crises internationales, alors qu’aucun favori clair ne semble encore émerger.

Selon une tradition diplomatique non écrite, le poste de secrétaire général fait l’objet d’une rotation informelle entre les grandes régions du monde. Cette règle pourrait cette fois favoriser une candidature latino-américaine ou caribéenne. Macky Sall est toutefois le seul candidat africain en compétition.

La médiation et l’impartialité

L’ancien président sénégalais entend s’appuyer sur son expérience à la tête du Sénégal et de l’Union africaine pour convaincre les États membres. Parmi ses priorités figure la modernisation de l’ONU, notamment par une accélération de la transition numérique face aux défis posés par l’intelligence artificielle. « Il nous faut réinterroger nos méthodes de travail. Nous avons 40 000 mandats aujourd’hui qui ont été activés, plus de 27 000 réunions annuelles. L’impact doit être prouvé », a-t-il déclaré.

Interrogé sur le rôle du secrétaire général dans les crises internationales, Macky Sall a insisté sur la nécessité d’une diplomatie fondée sur la médiation et l’impartialité. Selon lui, le futur dirigeant de l’ONU doit être à la fois un « facilitateur » et un « lanceur d’alerte », capable de maintenir le dialogue avec tous les acteurs, y compris les membres permanents du Conseil de sécurité.

Il a cité son action à la tête de l’Union africaine après le début de l'opération militaire spéciale en Ukraine, lorsqu’il avait rencontré à la fois les dirigeants russes et ukrainiens. « Le contact doit être en permanence établi, quelles que soient les tensions », a-t-il affirmé.

Sur la crise financière qui frappe l’organisation, Macky Sall a appelé à davantage de transparence. Il estime que les difficultés de liquidité reflètent aussi « une crise de confiance » entre l’ONU et ses États membres. S’il est élu, il promet d’ouvrir les comptes de l’organisation et de rendre accessibles les propositions de réformes budgétaires et administratives. « J’ouvrirai "open book" les comptes de l’organisation », a-t-il assuré.