Le Comité des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU créé par la résolution 1533 a approuvé, le 14 juillet, l’inscription de six personnes et de deux groupes armés sur la liste des sanctions concernant la République démocratique du Congo. Les nouvelles désignations, publiées officiellement le 16 juillet, entraînent notamment un gel des avoirs, une interdiction de voyager et l’application des restrictions liées à l’embargo sur les armes.
Parmi les personnes visées figure Corneille Nangaa, dirigeant de l’Alliance fleuve Congo, une coalition politico-militaire alliée au M23 et engagée dans la rébellion contre les autorités de Kinshasa. Déjà sanctionné par les États-Unis et l’Union européenne, l’ancien président de la Commission électorale congolaise est désormais inscrit sur la liste de l’ONU.
John Imani Nzenze, le chef du renseignement du M23, est également sanctionné pour son rôle dans la planification, la promotion et le soutien des opérations du mouvement rebelle.
Des responsables des FDLR, des ADF et de Twirwaneho visés
La liste comprend aussi Sébastien Uwimbabazi et Gustave Kubwayo, alias « Sirkoof », deux responsables des Forces démocratiques de libération du Rwanda. Ils sont notamment accusés d’exactions contre les civils, d’enlèvements contre rançon et d’exploitation illégale de ressources minières servant au financement du groupe.
Muhammed Lumisa, commandant et responsable de la logistique extérieure des Forces démocratiques alliées, figure lui aussi parmi les personnes sanctionnées. Les ADF, affiliées à Daech, sont accusées de massacres, d’enlèvements et d’attaques contre des villages, des écoles et des établissements de santé dans l’est congolais.
Le colonel Charles Sematama, chef militaire de Twirwaneho dans le Sud-Kivu, complète la liste. L’ONU lui reproche notamment son implication dans de graves violations des droits humains, dont le recrutement forcé et l’utilisation d’enfants.
L’Alliance fleuve Congo et Twirwaneho ont parallèlement été désignés comme entités soumises aux sanctions.
Ces mesures interviennent alors que les efforts diplomatiques engagés autour du conflit n’ont pas encore permis de mettre fin aux combats. Dans l’est de la RDC, la poursuite des violences continue d’alimenter une crise humanitaire majeure et de provoquer de nouveaux déplacements de populations.