Afrique

«La Côte d’Ivoire n’est plus une colonie française» : Abidjan recadre Jean-Luc Mélenchon

L’ambassade de Côte d’Ivoire en France condamne les propos de Jean-Luc Mélenchon sur l’élection présidentielle ivoirienne. Abidjan rappelle le principe de souveraineté nationale et rejette toute ingérence dans ses affaires internes. Les autorités ivoiriennes annoncent envisager des actions en justice contre le dirigeant de La France insoumise.

Les déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur la situation politique en Côte d’Ivoire provoquent une vive réaction des autorités ivoiriennes. Dans un communiqué publié par son ambassade en France, Abidjan dénonce des propos jugés « irresponsables, irrévérencieux, insultants et dégradants » à l’égard du président Alassane Ouattara et des institutions du pays, tout en annonçant envisager des poursuites judiciaires.

La polémique fait suite à un meeting organisé à Paris, au cours duquel le leader de La France insoumise a affirmé que le président ivoirien avait éliminé ses principaux adversaires avant l’élection présidentielle de 2025 et obtenu un quatrième mandat qu’il qualifie d’« anticonstitutionnel ».

Dans sa réponse, la représentation diplomatique ivoirienne rejette fermement ces accusations. Elle estime que Jean-Luc Mélenchon « n’a aucune légitimité, qualité ni compétence » pour juger des institutions ivoiriennes, rappelant que les processus électoraux relèvent exclusivement des autorités compétentes du pays.

Des actions en justice ?

Le communiqué insiste également sur le respect de la souveraineté nationale et adopte un ton particulièrement ferme. « Depuis le 7 août 1960, la Côte d’Ivoire n’est plus une colonie française », rappelle l’ambassade, estimant que le passé colonial ne saurait justifier une quelconque ingérence dans les affaires internes ivoiriennes.

Au-delà de cette mise au point, Abidjan souligne que les relations entre la France et la Côte d’Ivoire reposent depuis plusieurs décennies sur le respect mutuel et une coopération durable. L’ambassade rappelle que, malgré les tensions observées entre Paris et plusieurs pays africains, la Côte d’Ivoire continue d’assumer son partenariat avec la France et appelle les responsables politiques français à mesurer la portée de leurs déclarations.

Le communiqué se conclut par une mise en garde. La représentation diplomatique affirme se réserver le droit « d’engager toute action de droit » afin d’obtenir réparation pour les propos qu’elle considère comme une atteinte à l’honneur du peuple ivoirien, de ses institutions et de son chef de l’État.