L’Algérie envisage une nouvelle évolution de son système éducatif : ne conserver qu’une seule langue étrangère en troisième année primaire, en privilégiant l’anglais, tandis que l’apprentissage du français pourrait être reporté à des classes supérieures.
Cette réflexion intervient après plusieurs années de réforme de l’enseignement des langues. Introduit dans les écoles primaires à la rentrée 2022-2023, l’anglais occupe désormais une place centrale dans la stratégie éducative nationale. Selon le quotidien Echorouk, le ministère de l’Éducation étudie la possibilité de supprimer l’enseignement du français dès la troisième année primaire afin d’éviter que les jeunes élèves n’aient à apprendre deux langues étrangères simultanément.
Les spécialistes de l’éducation avancent des arguments pédagogiques. À l’âge de huit ans, les enfants doivent déjà maîtriser les fondamentaux dans leur langue d’enseignement. L’apprentissage parallèle du français et de l’anglais pourrait provoquer des confusions entre les deux langues, notamment au niveau du vocabulaire, de la prononciation ou des règles grammaticales, les deux utilisant l’alphabet latin.
Les experts estiment qu’une progression par étapes permettrait aux élèves de mieux construire leurs compétences : commencer par une seule langue étrangère, puis introduire une seconde quelques années plus tard, en quatrième ou cinquième année primaire.
Tourner vers l'international
Le choix de l’anglais répond aussi à des enjeux stratégiques. Devenue la langue dominante dans les domaines scientifiques, technologiques, numériques et économiques, elle est considérée par les autorités algériennes comme un outil indispensable pour préparer les jeunes générations aux métiers de demain. Les responsables éducatifs soulignent également que l’anglais serait plus facilement accessible aux débutants grâce à une grammaire jugée moins complexe que celle du français.
Cette orientation s’inscrit dans la continuité des réformes engagées par le président Abdelmadjid Tebboune. Après son introduction en 2022, l’anglais a été officiellement renforcé dans les programmes scolaires dès la rentrée 2023-2024. Des formations spécifiques ont également été créées dans les Écoles normales supérieures afin d’augmenter le nombre d’enseignants spécialisés.
Le français ne serait toutefois pas supprimé de l’école algérienne. Son enseignement pourrait simplement commencer plus tard, dans une logique visant à améliorer l’efficacité de l’apprentissage et à donner davantage de place à l’anglais, devenu une priorité nationale.