La 7ᵉ réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques s’est tenue le 13 juillet à Cotonou, sous le thème « Consolider un espace africain atlantique intégré : sécurité maritime, corridors logistiques verts et transition énergétique durable ».
Coorganisée par le Bénin et le Maroc, la rencontre a réuni des ministres, des chefs de délégation et des experts venus de plusieurs pays de la façade atlantique du continent. Parmi les participants figuraient notamment les ministres des Affaires étrangères du Cap-Vert, de la Gambie et du Togo, la vice-ministre ghanéenne ainsi que des délégations de l’Angola, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la Mauritanie, du Nigeria, de la RDC et du Sénégal.
À l’ouverture des travaux, la ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a appelé les pays de la région à apporter une réponse collective aux défis sécuritaires, économiques, climatiques et énergétiques. Elle a réaffirmé la volonté du Bénin de promouvoir une coopération fondée sur la solidarité, la concertation et des partenariats structurants, afin de transformer l’espace atlantique africain en moteur de paix, de sécurité et de prospérité partagée.
Le Maroc veut renforcer la voix océanique de l’Afrique
Représentant le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita, Mohamed Methqal, directeur général de l’Agence marocaine de coopération internationale, a appelé les États de la façade atlantique à devenir des acteurs de la gouvernance océanique mondiale.
Dans l’allocution lue en son nom, Nasser Bourita a estimé que les espaces et passages maritimes constituaient des biens communs de la circulation mondiale et que leur instrumentalisation à des fins de coercition menaçait directement la paix et la prospérité.
Le Maroc a plaidé pour une coopération accrue dans l’échange de renseignements, la lutte contre la piraterie, la pêche illicite, les trafics transnationaux et les cyberattaques visant les infrastructures portuaires.
L’accès du Sahel à l’Atlantique mis en avant
Rabat a également rappelé son initiative visant à faciliter l’accès des pays enclavés du Sahel à l’océan Atlantique. Cette démarche doit permettre de relier les États sahéliens aux infrastructures portuaires et aux réseaux commerciaux de la façade atlantique, en favorisant leur désenclavement économique.
Le projet de Gazoduc africain atlantique a également été présenté comme l’un des principaux leviers de cette intégration. Long de près de 6 900 kilomètres, il doit traverser ou desservir 13 pays, pour un coût estimé entre 25 et 30 milliards de dollars. Rabat le présente comme un corridor de paix, de souveraineté énergétique et d’intégration régionale.
Une déclaration tournée vers l’action
À l’issue des travaux, les participants ont adopté la Déclaration de Cotonou, qui réaffirme leur volonté de bâtir un espace atlantique africain intégré, pacifique et prospère.
Le texte prévoit notamment de renforcer la coordination en matière de sécurité maritime, de combattre la piraterie et la pêche illégale, de développer des corridors logistiques verts et de faciliter les échanges entre les ports atlantiques, l’hinterland et les pays du Sahel.
Il appelle également à accélérer la numérisation des procédures portuaires et douanières, à promouvoir les énergies renouvelables marines et à structurer une filière africaine de l’hydrogène vert.
Les États membres entendent ainsi faire passer le Processus des États africains atlantiques d’une vision politique commune à la réalisation de projets concrets.