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Guinée : hommage national à Hadja Andrée Touré, mémoire vivante de l’indépendance

La veuve de l’ancien président guinéen Ahmed Sékou Touré a succombé à la maladie au Maroc, où elle recevait des soins depuis plusieurs mois. Considérée comme une figure centrale de l’indépendance guinéenne, sa mémoire a été honorée par l’ancien président Alpha Condé et l’actuel chef de l’État, Mamadi Doumbouya.

Hadja Andrée Touré n’est plus. L’ancienne Première dame, « compagne de combat et épouse du président Ahmed Sékou Touré, père de la Nation et premier président de la Guinée », selon l’ancien président Alpha Condé, est décédée le 8 juillet. Cette « figure emblématique de l’histoire politique guinéenne », selon la presse guinéenne, s’est éteinte au Maroc à l’âge de 92 ans.

Dans son message de condoléances, l’ancien président Alpha Condé a salué le parcours d’une « témoin privilégiée et actrice discrète mais déterminée » de « l’histoire la plus fondatrice » de la Guinée, « de l’élan de l’indépendance en 1958 aux premières heures de la République ». « Avec sa disparition, la Guinée perd l’une des dernières voix vivantes de son acte de naissance. Une page d’histoire se tourne », a-t-il regretté.

Hommage du président Mamadi Doumbouya

L’actuel président guinéen, Mamadi Doumbouya, a adressé un message de condoléances, en son nom et en celui de la nation, à la famille et aux proches de l’ancienne Première dame, qui « a porté, avec dignité et constance, le poids de l’Histoire et les épreuves qu’elle lui a réservées, sans jamais renier son attachement à la Guinée ».

Pour le chef de l’État, avec la disparition de Hadja Andrée Touré, « c’est une part vivante de notre mémoire nationale qui s’éteint ». Il a indiqué que « son souvenir demeurera toutefois celui d’une femme de courage, de résilience et de fidélité à son pays, qui a traversé les tourments de notre histoire commune avec une dignité exemplaire ».

Une vie au cœur de l’histoire guinéenne

Née en 1934 à Macenta, dans le sud-est de la Guinée, Hadja Andrée Touré était la fille d’un militaire français et d’une Guinéenne. Elle épouse Ahmed Sékou Touré en 1953. Devenue Première dame après l’indépendance du pays, en 1958, elle assumera son rôle avec discrétion sur le plan politique jusqu’au décès de son mari, en 1984.

Le changement de régime lui vaudra plusieurs années de prison avec travaux forcés. Contrainte à l’exil au Maroc, en Côte d’Ivoire puis au Sénégal, elle revient en Guinée en 2000 et sera réhabilitée plusieurs années plus tard. Elle publie ses mémoires en 2023 sous le titre Ma vie auprès d’Ahmed Sékou Touré, un ouvrage considéré comme un témoignage intime et précieux sur la lutte pour l’indépendance et les premières décennies de la République guinéenne.