Afrique

La Russie et les pays de l'AES pointent la collusion coupable entre l'Ukraine, la France et les groupes terroristes

Réunis à Niamey autour de Sergueï Lavrov, les ministres de l’AES et de la Russie ont consolidé un partenariat désormais autant militaire que diplomatique et économique. Les points 9 à 14 du communiqué dessinent une réponse commune au terrorisme, aux pressions extérieures notamment de l'Ukraine et de la France.

La deuxième session de consultations entre Moscou et la Confédération des États du Sahel, organisée le 8 juillet, prolonge celle d’avril 2025.

Après une étape en Éthiopie, Sergueï Lavrov a retrouvé à Niamey ses homologues burkinabè, malien et nigérien, consacrant l’institutionnalisation du format Russie-AES.

Les rôles de l’Ukraine et de la France pointés du doigt

Le cœur du communiqué se trouve dans l’enchaînement des points 9 à 14. Le point 9 salue l’intensification de la coopération militaire et militaro-technique. Moscou y confirme son soutien aux armées nationales ainsi qu’à la Force unifiée de l’AES. Le point 10 condamne les attaques menées au Mali le 25 avril et contre l’aéroport de Niamey fin janvier, tout en saluant l’action des forces sahéliennes et la contribution russe à la lutte antiterroriste.

Le point 11 donne à cette coopération une portée politique plus directe. Les quatre pays dénoncent l’implication d’« acteurs étatiques extérieurs », le « terrorisme économique et médiatique » et une « collusion coupable » entre l’Ukraine, la France, d’autres États et les groupes terroristes opérant au Sahel. Cette formulation commune traduit la convergence croissante entre Moscou et les capitales sahéliennes sur l’analyse des menaces pesant sur leur souveraineté. Le ministère des Affaires étrangères malien a insisté sur ce point en dénonçant et condamnant « les actions perfides des sponsors étatiques étrangers du terrorisme ».

Les points suivants élargissent encore l’entente : rejet des mesures coercitives unilatérales au point 12, coopération contre l’instrumentalisation politique de la justice internationale au point 13, puis soutien aux projets structurants et à la Banque confédérale pour l’investissement et le développement au point 14. Le partenariat dépasse ainsi le seul domaine militaire pour embrasser la diplomatie, la justice, les investissements et l’intégration économique.

Cette visite survient après le retrait des forces françaises du Mali, du Burkina Faso et du Niger, la fermeture de l’ambassade française à Niamey et, le 26 juin 2026, la rupture complète des relations diplomatiques entre Ouagadougou et Paris. À mesure que l’ancienne architecture française s’efface, Niamey, Bamako et Ouagadougou construisent avec Moscou un cadre alternatif fondé sur la sécurité, la coordination diplomatique et la souveraineté économique.