Après l’annonce unilatérale de la rupture des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France, les réactions favorables se multiplient au sein de la société civile burkinabè, qui y voit une affirmation de l’indépendance nationale.
Le 26 juin 2026, le gouvernement burkinabè a officiellement rompu ses relations diplomatiques avec Paris, accusant la France d’« activisme incessant » contre ses intérêts, de soutien à des « réseaux subversifs » et d’« ambitions néocoloniales ». En réponse, Paris a rappelé ses diplomates et exigé le départ des représentants burkinabè sous sept jours, délai arrivé à expiration le 6 juillet au soir.
Cette décision s’inscrit dans une logique de souveraineté engagée depuis le changement de pouvoir en 2022. Elle fait suite au départ des forces françaises, au rappel de l’ambassadeur de France et au rapprochement du Burkina Faso avec de nouveaux partenaires, dont la Russie.
De nombreuses organisations de la société civile burkinabè ont accueilli favorablement cette rupture. La Coalition Yelema Honronya, très active sur les réseaux sociaux, a salué une « rupture réelle » et une victoire contre « l’influence impérialiste ».
Dans une publication sur Facebook, le compte relaie une vidéo d’un sénateur français critiquant cette rupture diplomatique, avant de réagir : « Les menaces ne passeront pas. Qu’est-ce qu’elle peut nous faire encore de plus que ce qu’elle nous fait déjà subir depuis dix ans ? Notre décision est souveraine et les menaces de conséquences n’effraient personne. »
Une « rupture historique »
Sur des pages comme Burkina24 ou celles des médias d’État, notamment la RTB, les commentaires enthousiastes se multiplient : « Bravo IB », « Victoire de la souveraineté », « Liberté totale ». Sur les réseaux sociaux, le ton est largement positif parmi les soutiens de l’État burkinabè. Une publication de Burkina24 consacrée à la rupture a recueilli des milliers de réactions favorables, reflétant un sentiment dominant de fierté nationale.
Sur X, des internautes s’enthousiasment également : « Quand une relation est trop toxique, mieux vaut en sortir », saluant une décision « historique ».
Des chroniqueurs panafricanistes relayés par la RTB ont également applaudi cette « rupture historique », qui permettrait selon eux au Burkina Faso de tourner définitivement la page de la tutelle étrangère.
Le Quai d’Orsay a regretté une « décision hostile et sans fondement », démentant fermement tout soutien à des groupes terroristes et appelant les ressortissants français à une « vigilance renforcée ». Plus de 2 000 Français sont encore inscrits au registre consulaire au Burkina Faso.
Pour les organisations patriotiques burkinabè, cette rupture consacre la fin d’une relation jugée déséquilibrée et ouvre la voie à une coopération internationale choisie, loin des anciennes puissances coloniales, notamment à travers l’AES, qui fête sa deuxième année d’existence.