Le ministère ivoirien de la Femme, de la Famille et de l’Enfant a annoncé, le 3 juillet, l’interpellation de deux personnes après l’excision de cinq fillettes âgées de 3 à 9 ans à Kangandi, dans le quartier Dioulakro de la commune de Bongouanou, dans le centre-est de la Côte d’Ivoire.
Selon un communiqué officiel, les faits se sont produits dans la nuit du 30 juin 2026. Alertées par un signalement anonyme, les équipes de la Direction régionale du ministère, du Service de la protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse (SPJEJ) ainsi que du commissariat de police de Bongouanou se sont rapidement rendues sur les lieux, où elles ont confirmé les faits.
Les examens médicaux ont mis en évidence des mutilations d'une extrême gravité. Les cinq fillettes ont subi une ablation totale du clitoris ainsi que des petites et des grandes lèvres. Elles présentaient d'importantes hémorragies, de fortes douleurs, des rétentions urinaires et des traumatismes psychologiques sévères, précise le ministère.
Les victimes ont été évacuées en urgence vers l'hôpital général de Bongouanou, où elles ont reçu les premiers soins avant d'être transférées dans un centre spécialisé placé sous la protection du ministère. Elles y bénéficient d'une prise en charge globale, comprenant un suivi médical, psychologique et social.
Les deux suspects ont été interpellés dès l'intervention des forces de l'ordre. Les autorités judiciaires ont été saisies afin d'identifier l'ensemble des auteurs et complices ayant participé à ces actes, dans le but de les traduire devant la justice.
Pratique interdite par la loi
Le ministère rappelle que les mutilations génitales féminines constituent une infraction pénale sévèrement réprimée en Côte d'Ivoire. Il souligne également que, le 13 juin dernier, en présence de la première dame Dominique Ouattara, les autorités ivoiriennes avaient réaffirmé leur engagement à mettre fin aux violences basées sur le genre sur l'ensemble du territoire.
Face à la persistance de ces pratiques clandestines, le ministère appelle la population à signaler toute tentative ou tout acte d'excision, estimant que la dénonciation demeure un levier essentiel pour prévenir de nouveaux cas.
Selon la dernière enquête MICS (Multiple Indicator Cluster Surveys), plus d'une femme ivoirienne sur trois âgée de 15 à 49 ans a subi une mutilation génitale. Chez les filles de 0 à 14 ans, la prévalence est estimée à 10 %, malgré les campagnes de sensibilisation et l'interdiction de cette pratique par la loi.