La visite du président béninois Romuald Wadagni à Niamey le 2 juin a impulsé une dynamique nouvelle, concrétisée par deux jours de réunions techniques intenses les 20 et 21 juin à Cotonou.
Dialogue pragmatique et mesures de confiance
Réunis au ministère des Affaires étrangères béninois, les experts des deux pays ont travaillé en trois groupes : sécurité et défense, diplomatie et juridique, économie. Leurs travaux ont débouché sur trois projets d’accords de coopération portant sur la défense, la sécurité et les conditions de réouverture de la frontière. Ces textes devront être validés par les chefs d’État avant signature.
« La rencontre du 2 juin a ouvert une nouvelle voie, celle de la réconciliation et du dialogue fraternel », a déclaré le ministre d’État nigérien de la Sécurité, le général Mohamed Toumba.
Son homologue béninois a réaffirmé l’engagement total de sa délégation pour concrétiser ces avancées. Les discussions ont permis de dépasser les accusations réciproques, notamment celles de Niamey concernant d’éventuelles bases étrangères au Bénin.
Un participant a salué « une ouverture d’esprit et une volonté des deux côtés », tandis qu’un haut fonctionnaire estimait que « les accusations de déstabilisation sont derrière nous ».
La réouverture de la frontière, fermée depuis l’été 2023, apparaît validée selon plusieurs sources, sous réserve de mesures de confiance supplémentaires en matière de transparence sécuritaire.
Au-delà des enjeux sécuritaires, la normalisation devrait relancer les flux économiques. Le Niger, pays enclavé, retrouverait un accès privilégié au port de Cotonou, vital pour ses importations et l’exportation de son pétrole, tandis que le Bénin renforcerait son rôle de hub régional. Ce processus, qualifié de « paix des braves » par certains observateurs, repose sur une volonté politique affirmée et la reconnaissance d’intérêts communs face aux défis sécuritaires et économiques.