L'épidémie d'Ebola qui touche actuellement l'est de la République démocratique du Congo suscite une vive inquiétude parmi les acteurs humanitaires. Selon Médecins sans frontières (MSF), la maladie se propage à un rythme rarement observé depuis le début des grandes flambées épidémiques liées au virus.
Présent à Bunia, ville située dans le nord-est du pays, lors de la visite de Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Alan Gonzalez, responsable des opérations de l'organisation, a souligné que jamais autant de cas n'avaient été signalés aussi rapidement après la déclaration officielle d'une épidémie d'Ebola. Deux semaines après l'annonce des autorités congolaises, la progression de la maladie continue ainsi d'alimenter les craintes des équipes médicales déployées sur le terrain.
La situation est d'autant plus préoccupante que les dispositifs de réponse ne parviennent pas à suivre la vitesse de propagation de l'épidémie. De nouveaux cas suspects sont recensés chaque jour, tandis que plusieurs centaines d'échantillons n'ont pas encore pu être analysés, retardant l'identification précise de l'ampleur de la crise.
Les organisations humanitaires dénoncent également les conséquences des restrictions mises en place dans la région. La fermeture de certaines frontières et d'infrastructures de transport ralentit l'acheminement des médicaments, du matériel médical, de l'aide humanitaire et du personnel spécialisé indispensable à la lutte contre l'épidémie. Selon les acteurs présents sur place, ces obstacles compliquent considérablement la gestion de la crise et réduisent l'accès des zones touchées au soutien international dont elles ont besoin.
Face à cette évolution rapide, MSF appelle à une augmentation immédiate des capacités de dépistage ainsi qu'à un renforcement de l'assistance médicale et humanitaire internationale. L'organisation demande également que l'accès aux territoires affectés soit facilité afin de permettre une intervention plus efficace.
Les autorités de la République démocratique du Congo ont officiellement déclaré l'épidémie le 15 mai. Celle-ci est provoquée par le virus Ebola-Bundibugyo, identifié pour la première fois en Ouganda en 2007. L'épicentre de la flambée se situe dans la province de l'Ituri, mais les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont également concernées.
À ce stade, plus de 1 000 cas suspects ont été enregistrés dans le pays, tandis qu'environ 240 décès potentiellement liés à la maladie ont été signalés.