Le Conseil des ministres nigérien, réuni le 18 mai sous la présidence du chef de l’État Abdourahamane Tiani, a adopté un projet de décret portant création d’une société nationale dénommée « Teloua Safeguarding Uranium Mining Company » (TSUMCO SA).
Cette nouvelle entité doit remplacer la Société des mines de l’Aïr (SOMAIR), nationalisée par les autorités nigériennes, et marque la fin du titre d’exploitation détenu par le groupe français Orano Mining sur la concession uranifère d’Arlit, accordée depuis 1978 pour une durée de 75 ans.
Dans un communiqué publié à l’issue du Conseil des ministres, les autorités nigériennes expliquent que le nom « Teloua » fait référence à une nappe aquifère souterraine située dans la région minière d’Arlit, où se trouvait notamment la mine COMINAK exploitée par Orano/Areva entre 1978 et 2021.
Le gouvernement nigérien évoque également des « impacts dramatiques » sur les sols, les ressources en eau et les écosystèmes sahariens autour des sites miniers. Selon les autorités, cette dénomination constitue un « devoir de mémoire » et reflète leur volonté de poursuivre les responsables de ces dommages environnementaux.
Un bras de fer judiciaire avec Orano
La réglementation minière nigérienne impose désormais une redevance superficiaire sur les périmètres non exploités de la concession d’Arlit, fixée à 25 millions de francs CFA par km² et par an depuis une ordonnance adoptée en août 2024.
Selon Niamey, le refus de paiement de cette redevance par Orano Mining a conduit à une mise en demeure adressée en septembre 2025. L’absence de régularisation dans les délais légaux a ensuite servi de fondement juridique à l’annulation du contrat d’exploitation.
Le gouvernement affirme par ailleurs qu’Orano Mining reste « redevable de ses obligations fiscales et environnementales » au titre des accords antérieurs.
Depuis la nationalisation de Somaïr en juin 2025, le groupe français a engagé plusieurs procédures judiciaires contre l’État nigérien. Des recours qualifiés de « quasi-harcèlement judiciaire » par le ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi, qui dénonce des démarches destinées à bloquer les exportations d’uranium nigérien sur les marchés internationaux.
Cette nouvelle décision devrait encore accentuer les tensions entre Niamey et Orano, dans un contexte de rupture plus large entre le Niger et la France autour des questions sécuritaires, économiques et stratégiques.