Afrique

Ebola en RDC : l’OMS alarmée par «l’ampleur et la rapidité» de l’épidémie

Une épidémie d'Ebola en RDC a fait plus de 130 morts et des centaines de cas suspects, suscitant l’inquiétude de l'OMS, qui a déclaré une urgence sanitaire internationale. L’Africa CDC a instauré une urgence de santé publique et les États-Unis ont renforcé les contrôles aux frontières et gelé les visas pour les voyageurs en provenance de la région.

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré être « profondément préoccupé par l’ampleur et la rapidité » de l’épidémie d’Ebola qui frappe actuellement la République démocratique du Congo (RDC).

Cette déclaration intervient deux jours après la proclamation d’une urgence sanitaire internationale par l’OMS face à la progression du virus. La RDC est confrontée à une flambée épidémique liée au variant Bundibugyo d’Ebola, une souche particulièrement virulente contre laquelle aucun vaccin homologué n’existe à ce stade.

S’exprimant lors de l’assemblée annuelle des États membres de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus a annoncé la convocation d’un comité d’urgence chargé de formuler des recommandations temporaires afin de contenir l’épidémie.

L’épicentre de la crise se situe dans la province de l’Ituri, au nord-est de la RDC, une région frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, marquée par une forte instabilité sécuritaire.

Plus de 130 morts et des centaines de cas suspects

Dans la nuit du 18 au 19 mai, le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, a indiqué que l’épidémie avait déjà causé environ 131 décès et que 513 cas suspects avaient été recensés.

Selon le chef de l’OMS, plusieurs facteurs aggravent la situation, notamment les mouvements de population liés aux violences dans l’est de la RDC, les difficultés d’accès aux soins et la contamination de personnels médicaux, signe d’une « transmission associée aux soins ».

L’OMS a également signalé des cas liés à l’épidémie dans les villes de Goma et de Kampala, alimentant les craintes d’une propagation régionale.

L’Africa CDC décrète une urgence sanitaire

De son côté, l’Agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC) a décrété une « urgence de santé publique » à l’échelle continentale afin de renforcer la coordination régionale et d’accélérer la mobilisation des ressources médicales et financières.

Contrôles renforcés aux États-Unis

Les États-Unis ont, eux aussi, annoncé un renforcement des contrôles sanitaires aux frontières pour les voyageurs provenant des zones touchées par l’épidémie. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont également suspendu l’attribution de certains visas pour les personnes ayant récemment séjourné dans les régions concernées.

Ebola, responsable de fièvres hémorragiques sévères, demeure l’une des maladies les plus meurtrières du continent africain. Au cours des cinquante dernières années, le virus a causé la mort de plus de 15 000 personnes en Afrique.