Afrique

Le milliardaire africain Aliko Dangote vise le Kenya pour implanter une nouvelle raffinerie géante

L’homme le plus riche d’Afrique, Aliko Dangote, envisage de construire une raffinerie de pétrole de grande capacité en Afrique de l’Est, avec le Kenya comme option privilégiée. Un projet estimé entre 15 et 17 milliards de dollars qui pourrait transformer l’approvisionnement énergétique de toute la région.

Le milliardaire nigérian Aliko Dangote, figure majeure de l’industrie africaine, étudie la possibilité de construire une raffinerie de pétrole de 650 000 barils par jour en Afrique de l’Est, avec une préférence affichée pour le Kenya, selon des déclarations rapportées ce 10 mai par le Financial Times.

L’homme d’affaires, déjà à l’origine de la plus grande raffinerie d’Afrique au Nigeria, a indiqué privilégier la ville portuaire de Mombasa pour accueillir cette nouvelle infrastructure stratégique. « Je penche davantage pour Mombasa, car le port y est plus grand et plus profond », a-t-il expliqué.

Une concurrence entre le Kenya et la Tanzanie

Cette annonce intervient alors que le président kényan William Ruto a révélé en avril que plusieurs pays d’Afrique de l’Est discutaient d’un projet commun de raffinerie au port de Tanga, en Tanzanie, inspiré du modèle industriel développé par Aliko Dangote au Nigeria.

Mais le magnat nigérian semble désormais privilégier l’option kényane, estimant que le marché local y est plus important. « Les Kényans consomment davantage. C’est une économie plus grande », a-t-il affirmé, comparant directement Mombasa à Tanga.

Un projet à plus de 15 milliards de dollars

Selon le quotidien britannique, le coût de construction de cette future raffinerie est estimé entre 15 et 17 milliards de dollars.

L’investissement pourrait constituer un tournant majeur pour l’Afrique de l’Est, une région qui dépend encore entièrement des importations de produits pétroliers raffinés, principalement en provenance du Moyen-Orient. Cette dépendance expose les pays de la région à la volatilité des marchés mondiaux, aux ruptures d’approvisionnement et aux hausses des prix de l’énergie.

Présent à un sommet sur les infrastructures à Nairobi en avril, Aliko Dangote avait déjà affirmé qu’il était prêt à reproduire en Afrique de l’Est le modèle de sa raffinerie nigériane, à condition de bénéficier d’un soutien politique et institutionnel des gouvernements de la région.

Le milliardaire a d’ailleurs laissé entendre que la décision finale dépendrait largement des autorités kényanes. « La balle est dans le camp du président William Ruto. Ce qu’il décidera, c’est ce que je ferai », a-t-il déclaré.