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RDC : Tshisekedi ouvre la porte à une révision constitutionnelle et n’exclut pas un troisième mandat

Le président congolais a relancé le débat sur une éventuelle révision de la Constitution, affirmant qu’aucune réflexion sur le texte fondamental ne devait être taboue. S’il assure ne pas avoir sollicité un troisième mandat, il affirme qu’il pourrait l’accepter «si le peuple le veut», à condition qu’un éventuel changement passe par référendum.

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a laissé entrevoir la possibilité d’une révision de la Constitution, ravivant le débat sur un éventuel troisième mandat à la tête du pays.

Interrogé le 6 mai, lors d’une conférence de presse, sur les intentions de son camp politique alors que la Constitution actuelle limite à deux le nombre de mandats présidentiels, le président de la RDC a défendu la légitimité d’un débat sur une réforme institutionnelle, tout en rejetant l’idée d’un projet personnel de maintien au pouvoir.

« La réflexion autour du changement ou de la révision de la Constitution ne peut pas être interdite », a déclaré le président congolais, estimant qu’il était du devoir des responsables politiques d’évaluer si la loi fondamentale répondait encore aux ambitions du pays.

« Un débat pour les générations futures »

Félix Tshisekedi a tenté de replacer le débat sur le terrain institutionnel plutôt que sur celui de sa propre succession. Opposant la logique de « l’homme politique » à celle de « l’homme d’État », il a expliqué vouloir penser à l’avenir du pays au-delà de son mandat.

Selon lui, la responsabilité confiée par les Congolais dépasse la simple gestion du pouvoir sur une durée déterminée et implique de préparer les conditions de gouvernance pour les générations futures. Le président a affirmé vouloir laisser à son successeur « un pays sur de bons rails », insistant sur sa volonté de contribuer à la stabilité et à la paix, même après son départ du pouvoir.

Mais c’est surtout sa réponse sur la perspective d’un troisième mandat qui a retenu l’attention. « Je n’ai pas sollicité de troisième mandat », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Si le peuple veut que j’aie un troisième mandat, j’accepterai ». Le chef de l’État a toutefois insisté sur le fait qu’une éventuelle révision ne pourrait se faire sans consultation populaire. « Ce ne sera jamais sans consulter la population, c’est-à-dire par référendum », a-t-il assuré.

Les déclarations de Félix Tshisekedi interviennent alors que certains cadres de sa majorité ont récemment multiplié les prises de position en faveur d’une réforme institutionnelle, alimentant les spéculations sur une stratégie politique de long terme.

Élu une première fois en 2018 puis réélu en 2023, le président congolais est théoriquement au terme de son dernier mandat constitutionnel en 2028.