Afrique

Soudan : Hemetti affirme pouvoir poursuivre la guerre «pendant des décennies»

Hemetti réaffirme sa volonté de poursuivre la guerre contre l’armée soudanaise malgré les appels à la paix. Le chef des FSR affirme disposer désormais de 450 000 combattants et accuse l’armée d’être liée aux islamistes. Le conflit, déclenché en avril 2023, continue d’alimenter les accusations mutuelles et l’instabilité au Soudan.

Le commandant des Forces de soutien rapide (FSR), Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemetti », a réaffirmé le 6 mai sa détermination à poursuivre les opérations militaires contre l’armée soudanaise, alors que le conflit, déclenché en avril 2023, continue de ravager le pays. Lors d’une allocution adressée à ses officiers depuis un lieu tenu secret, le chef paramilitaire a accusé le commandement militaire d’être responsable de l’échec des initiatives de paix et de la poursuite des combats.

Hemetti a assuré que ses forces restaient favorables à une issue négociée, tout en estimant qu’un cessez-le-feu ne pouvait être imposé par une seule partie. Selon lui, les appels au dialogue formulés par les FSR ont été interprétés par l’armée comme un signe de faiblesse. Il a néanmoins insisté sur le fait qu’il n’existait « aucun intérêt à poursuivre cette guerre », malgré la poursuite des affrontements dans plusieurs régions du Soudan.

Des liens avec les Émirats

Le chef des FSR a également affirmé que ses effectifs avaient fortement augmenté depuis le début du conflit, passant, selon ses chiffres, de 143 000 combattants à près de 450 000 hommes. Il a présenté cette progression comme une preuve du soutien populaire dont bénéficieraient ses troupes, tout en accusant l’armée régulière de dépendre de « mercenaires » et de groupes islamistes affiliés aux Frères musulmans.

Dans un discours particulièrement virulent, Hemetti a qualifié l’état-major soudanais de façade pour « Daech » et les islamistes, les accusant d’avoir trahi les paramilitaires au début de la guerre. Il a également affirmé que ses forces pourraient poursuivre le conflit « pendant des décennies » si aucune solution politique n’était trouvée. Selon lui, les FSR seraient capables d’avancer jusqu’à Port-Soudan, tout en affirmant vouloir éviter de viser les civils.

Ces déclarations interviennent alors que l’armée soudanaise accuse, de son côté, les paramilitaires d’avoir ciblé l’aéroport de Khartoum avec le soutien présumé des Émirats arabes unis et de l’Éthiopie. Les deux camps continuent de s’accuser mutuellement de crimes de guerre et d’attaques contre les infrastructures civiles, tandis que les efforts diplomatiques régionaux et internationaux peinent à obtenir une désescalade durable.