Afrique

RDC : alerte à Kolwezi face à un risque de contamination radioactive

Le gouvernement de la RDC a déclenché une alerte après la détection de substances radioactives sur un site minier de Kolwezi, dans le Lualaba. Entre incertitudes sur l’origine de la contamination et exploitation artisanale incontrôlée, les autorités annoncent des mesures d’urgence pour protéger les populations.

En République démocratique du Congo, la situation est jugée préoccupante dans la province du Lualaba, au sud-est du pays. Lors du Conseil des ministres du 27 mars, le président Félix Tshisekedi a appelé à une vigilance accrue face à une alerte sanitaire liée à des risques de radiation radioactive à Kolwezi, cœur stratégique de l’activité minière congolaise.

Cette nouvelle alerte intervient quelques mois après un épisode de pollution industrielle à Lubumbashi, ravivant les inquiétudes autour de l’impact environnemental de l’exploitation minière dans la région.

Une urgence radiologique déclarée

Au centre des préoccupations : le remblai T17, une zone de stockage de résidus miniers appartenant à Kamoto Copper Company, elle-même filiale du groupe suisse Glencore. Sur ce site, la présence de matières radioactives a été confirmée, conduisant les autorités à déclarer une urgence radiologique.

Dans un communiqué publié le 24 mars, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Marie-Thérèse Sombo, agissant en tant qu’Autorité nucléaire, a fait état d’un « constat alarmant » après une mission sur le terrain. Elle a notamment relevé l’exploitation artisanale du site par des creuseurs, malgré sa classification comme zone hautement sensible.

Une origine encore incertaine

L’origine exacte de la contamination reste à ce stade indéterminée. Selon les autorités, elle pourrait être liée à l’exploitation du cuivre et du cobalt, voire à la présence de minerais contenant de l’uranium, dont l’existence est évoquée par la société civile locale.

Dans cette zone densément peuplée, où vivent des dizaines de milliers d’habitants, l’inquiétude grandit. Les riverains redoutent des conséquences sanitaires à moyen terme, notamment des maladies graves liées à l’exposition aux radiations, ainsi qu’une pollution durable des sols et des ressources en eau.

Une riposte en préparation

Face à cette situation, le président Tshisekedi a ordonné la mise en place d’une commission chargée de coordonner la riposte et de prévenir de nouveaux incidents à travers le pays. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance des activités minières, dans un contexte où l’exploitation artisanale échappe souvent au contrôle des autorités.

Une réunion d’urgence a par ailleurs été organisée à Kolwezi, réunissant autorités provinciales, représentants des coopératives minières, acteurs de la société civile et responsables de l’entreprise exploitante, afin de définir des mesures immédiates pour contenir les risques.