Afrique

Assassinat de Lumumba : un ex-diplomate belge conteste son renvoi devant la justice

Plus de six décennies après la mort de Patrice Lumumba, figure majeure de l’indépendance congolaise, un ancien haut diplomate belge fait appel de la décision ordonnant son procès, dans une affaire emblématique du passé colonial de la Belgique.

Un ancien diplomate belge de premier plan, Étienne Davignon, a fait appel de la décision de justice ordonnant son renvoi devant un tribunal dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961. L’information a été confirmée le 27 mars par son avocat.

Âgé de 93 ans, cet ancien vice-président de la Commission européenne est poursuivi pour son implication présumée dans la détention illégale et le transfert de Lumumba, ainsi que pour l’avoir privé de son droit à un procès équitable. Le 17 mars, une juridiction belge avait ordonné son renvoi devant la justice, faisant de lui le dernier suspect encore en vie parmi les responsables belges mis en cause dans cette affaire historique. Son avocat n’a pas détaillé les motifs de l’appel.

Une affaire au cœur du passé colonial belge

Patrice Lumumba, devenu en 1960 le premier chef de gouvernement de la République démocratique du Congo après l’indépendance vis-à-vis de la Belgique, avait été renversé quelques mois plus tard, avant d’être assassiné le 16 janvier 1961 par des rebelles sécessionnistes soutenus par la Belgique. Malgré la brièveté de son passage au pouvoir, Lumumba est devenu une figure emblématique des luttes anticoloniales africaines des années 1960.

En 2002, une commission d’enquête parlementaire belge avait conclu à la « responsabilité morale » de la Belgique dans sa mort, sans pour autant déboucher sur des poursuites judiciaires à l’époque.

Un procès historique en perspective

Le renvoi d’Étienne Davignon devant la justice constitue ainsi la première procédure pénale liée directement à l’assassinat de Lumumba et pourrait représenter la dernière opportunité d’établir des responsabilités judiciaires dans ce dossier.

L’issue de l’appel sera déterminante pour la tenue d’un procès qui revêt une forte portée symbolique, tant pour la mémoire de Lumumba que pour les relations entre la Belgique et la République démocratique du Congo, encore marquées par les séquelles de l’histoire coloniale.