Un avion immobilisé depuis près de deux décennies sur le tarmac de l’Aéroport de Faro, dans le sud du Portugal, remet sur le devant de la scène l’actuel vice-Premier ministre congolais Jean-Pierre Bemba.
Les autorités aéroportuaires portugaises ont officiellement mis en demeure l’homme politique de la République démocratique du Congo de récupérer un Boeing 727-100 lui appartenant, immobilisé depuis 2007. Selon la notification, il dispose désormais d’un délai de 60 jours pour retirer l’appareil.
L’affaire remonte aux poursuites engagées contre Jean-Pierre Bemba par la Cour pénale internationale (CPI). Dans le cadre de l’enquête menée à l’époque, le bureau du procureur avait demandé à plusieurs États d’identifier et de geler les avoirs du dirigeant congolais. Le Boeing stationné à Faro avait alors été saisi par les autorités portugaises.
Depuis cette décision, l’avion n’a jamais quitté le tarmac de l’aéroport, où il est resté immobilisé pendant près de 19 ans.
Le Portugal pourrait saisir l'appareil
La situation a récemment évolué à la suite d’une modification de la législation portugaise. En mars 2025, le Portugal a adopté un décret-loi introduisant un nouveau cadre juridique pour les aéronefs abandonnés dans les aéroports. Désormais, un appareil peut être considéré comme stationné abusivement après 90 jours sans autorisation.
Dans ce cas, le propriétaire est notifié et invité à retirer l’appareil. À défaut, l’avion peut être déclaré abandonné, puis confisqué par l’État, qui peut décider de le vendre, de le démanteler ou de le détruire.
C’est sur la base de cette nouvelle réglementation que l’autorité aéroportuaire de Faro a adressé sa mise en demeure à Jean-Pierre Bemba. Selon des estimations évoquées dans le dossier, la facture théorique liée aux frais de stationnement accumulés depuis 2007 pourrait atteindre près d’un million d’euros.
Contacté, Jean-Pierre Bemba n’a pas souhaité commenter cette affaire. Son entourage avance toutefois un argument juridique : l’immobilisation de l’appareil ayant été ordonnée dans le cadre d’une procédure de la CPI, il reviendrait, selon eux, à la juridiction internationale de lever officiellement cette décision auprès des autorités portugaises. Ils estiment également que la responsabilité du règlement des frais éventuels incomberait à la CPI et non à l’ancien vice-président congolais.