La justice tunisienne a condamné, le 27 février, Ali Larayedh à 24 ans de prison pour avoir facilité le départ de djihadistes tunisiens vers la Syrie au cours de la dernière décennie, rapporte l'agence officielle Tunis Afrique Presse (TAP).
Ancien chef du gouvernement entre 2013 et 2014, dans la période agitée ayant suivi la révolution de 2011, Ali Larayedh est en détention depuis 2022. Lors de l’audience du 26 février, il a clamé son innocence devant le tribunal, affirmant être victime « d’injustice, d’abus et d’ingratitude ». Il peut faire appel de sa condamnation et de la peine prononcée.
L’affaire s’inscrit dans le contexte des départs, après 2011, de centaines de Tunisiens vers la Syrie, l’Irak ou la Libye pour rejoindre des groupes djihadistes, notamment l’organisation terroriste État islamique, ou combattre dans leurs rangs. À l’époque, le parti islamiste Ennahdha, alors au pouvoir, avait été accusé par ses adversaires laïcs d’avoir fermé les yeux sur ces filières, ce qu’il a toujours nié.
Le dossier vise également sept autres accusés, dont d’anciens responsables du ministère de l’Intérieur. Selon une source judiciaire citée par TAP, les peines prononcées dans cette affaire vont de trois à 24 ans de prison.