Afrique

RDC-États-Unis : 1,2 milliard de dollars pour renforcer durablement le système de santé

La République démocratique du Congo et les États-Unis ont signé jeudi 26 février un mémorandum d’entente de 1,2 milliard de dollars pour la période 2026-2031. Washington apportera 900 millions d’aide, Kinshasa 300 millions de dépenses intérieures.

L’accord passé le 26 février entre la RDC et les Etats-Unis vise le VIH/sida, la tuberculose, le paludisme et la préparation aux urgences. 

Ce partenariat stratégique, scellé à la Primature sous la présidence de Judith Suminwa Tuluka, marque une nouvelle étape dans la coopération bilatérale et s’inscrit dans le Programme d’actions du gouvernement 2024-2028. L’administration Trump entend ainsi maintenir des positions en Afrique en dépit de la suppression des missions de l’USAID.

 

Partenariat « gagnant-gagnant » ou USAID payant ?

 

Le financement permettra, selon l’accord, de lutter contre les grandes endémies, d’améliorer la santé maternelle et infantile, d’éradiquer la poliomyélite et de renforcer la surveillance épidémiologique ainsi que les ressources humaines. « Notre ambition est d’installer durablement un système de santé solide, accessible et financé de manière responsable », a déclaré la Première ministre congolaise Judith Suminwa Tuluka.

Le professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut national de recherche biomédicale, a salué un accord « gagnant-gagnant » qui a déjà permis de développer des laboratoires de référence pour Ebola, Mpox, la poliomyélite et d’autres maladies à potentiel épidémique grâce au Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américain. Le ministère de la Santé salue un « un accord-cadre historique ».

Ce modèle, déjà appliqué dans une dizaine de pays africains sous l’administration Trump et son approche « America First », remplace les anciens mécanismes de l’USAID.

Il exige un engagement financier national croissant, comme l’ont fait d’autres pays et permet à Washington de maintenir son influence en Afrique à moindre coût. À Kinshasa, l’exécutif y voit un levier pour avancer vers la couverture santé universelle tout en gardant le pilotage congolais.

Le partenariat arrive alors que la RDC fait face à des défis récurrents d’épidémies et de fragilité infrastructurelle. Il doit permettre de consolider les capacités locales et d’assurer une prise en charge plus efficace pour des millions de Congolais.