Afrique

Soudan : le général al-Burhan promet une «armée intelligente» axée sur les drones

Le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, a annoncé, le 23 février, une accélération du développement des drones et des systèmes de défense aérienne afin de bâtir une «armée intelligente», alors que le conflit avec les Forces de soutien rapide se poursuit depuis avril 2023.

Le chef des forces armées soudanaises, le général Abdel Fattah al-Burhan, a affirmé le 23 février que l’armée allait intensifier le développement des technologies de drones et des systèmes de défense aérienne pour s’adapter aux exigences de la guerre moderne.

S’exprimant lors d’une cérémonie de remise de diplômes à l’Université de Karary et au Collège naval à Khartoum, il a souligné que l’intégration des technologies de l’information et de la recherche scientifique constituait désormais un pilier central des opérations militaires contemporaines.

Miser sur les drones et la recherche

Le dirigeant militaire a précisé que les Forces armées soudanaises concentreraient leurs efforts sur la mise au point de véhicules aériens sans pilote (ou drones), d’armements mobiles et de systèmes défensifs avancés. Il a également annoncé le recrutement de jeunes ingénieurs et spécialistes techniques au sein des divisions de recherche de l’armée.

Les drones jouent un rôle de plus en plus déterminant dans le conflit opposant l’armée aux  Forces de Soutien Rapide (FSR), déclenché en avril 2023. Les deux camps ont recours aux drones pour la surveillance, le renseignement et des frappes ciblées, transformant en profondeur la nature des affrontements sur le terrain.

Une guerre qualifiée de « bataille de la dignité »

Sur le plan politique et militaire, Abdel Fattah al-Burhan a réaffirmé que l’armée poursuivrait ce qu’il qualifie de « bataille de la dignité » jusqu’à la défaite ou la reddition des FSR. Il a décrit la guerre en cours comme l’un des défis existentiels les plus graves de l’histoire du Soudan.

Malgré une ligne dure à l’égard de la direction des FSR, le général a toutefois proposé une forme de pardon aux combattants qu’il estime avoir été « trompés » pour rejoindre la rébellion, les appelant à déposer les armes et à réintégrer le giron national.

Il a, par ailleurs, mis en garde les responsables politiques contre toute tentative de « fabriquer des accusations » contre l’armée, promettant des poursuites judiciaires le cas échéant. Enfin, Abdel Fattah al-Burhan a insisté sur le caractère non partisan de l’institution militaire, qu’il présente comme garante de la souveraineté nationale, au-delà des affiliations tribales ou politiques.