Afrique

Mali : le gouvernement oriente la commande publique vers la préférence nationale

Le ministre de l’Économie et des Finances du Mali a émis une correspondance aux membres du gouvernement indiquant de nouvelles orientations relatives à la dépense publique qui accordera désormais la priorité aux produits locaux des petites et moyennes entreprises.

Une correspondance datée du 11 février et signée par le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, à l'adresse des membres du gouvernement a formalisé l’orientation de la commande publique vers les petites et moyennes entreprises (PME) de droit malien et la production nationale, a révélé la presse locale le 21 février. Cette mesure s’inscrit dans le cadre des dispositions en faveur des PME locales ainsi que dans l’application des recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR), notamment le concept « Consommer malien/Consommer local ».

100 millions de francs CFA de chaque ministère pour les achats de produits locaux

Selon la circulaire, chaque département ministériel malien est tenu de réserver une enveloppe de 100 millions de francs CFA (180 000 dollars) dans son budget 2026 pour le financement des acquisitions auprès des PME. Les commandes portent notamment sur l’équipement des cabinets ministériels en meubles, tableaux et tissus décoratifs produits au Mali, l’approvisionnement en produits alimentaires issus des filières nationales (thé, jus de fruits, boissons naturelles, entre autres), ainsi que la fourniture de produits sanitaires et d’hygiène fabriqués localement, tels que les savons (solides, liquides ou en poudre), les détergents et le papier hygiénique, explique la presse malienne, qui a précisé qu’une liste détaillée des produits et des prestataires retenus sera communiquée ultérieurement.

Faire de la dépense publique un levier direct pour soutenir les entreprises maliennes

Cette incitation marquée pour consommer de produits locaux marque un tournant majeur par rapport aux pratiques traditionnellement fondées sur la mise en concurrence ouverte conformément au Code des marchés publics. Le Mali disposait certes de mécanismes privilégiant les produits maliens, mais aucune préconisation n’imposait la préférence nationale aux ministères.

Sur le plan financier, si tous les ministères maliens appliquent la nouvelle directive, les entreprises locales bénéficieront alors d’un apport financier d’une valeur de plusieurs milliards de francs CFA, faisant de la dépense publique un levier direct pour soutenir les entreprises maliennes à un moment où le pays œuvre pour concrétiser sa souveraineté économique, pour réduire ses importations et pour renforcer la création d’emplois.