L’Afrique du Sud fait face à une épidémie de fièvre aphteuse qui met sous pression son secteur agricole. Pour freiner la propagation du virus, le gouvernement a annoncé une importation massive de vaccins.
Lors d’une séance conjointe de l’Assemblée nationale et du Conseil national des provinces, le ministre de l’Agriculture John Steenhuisen a confirmé l’arrivée imminente d’un million de doses produites par l’entreprise argentine Biogenesis Bago.
La fièvre aphteuse est une maladie très contagieuse qui touche principalement les bovins, les moutons et les porcs. Elle peut entraîner des restrictions commerciales et de lourdes pertes économiques pour les éleveurs.
Il s’agit de « la plus grande importation unique de vaccins à ce jour ». Plus de deux millions de doses ont déjà été administrées dans le pays, tandis que la campagne de vaccination se poursuit quotidiennement dans les zones affectées.
Au total, « plus de cinq millions de vaccins provenant de trois fournisseurs différents » sont attendus d’ici la fin mars. En plus du partenaire argentin, le Botswana Vaccine Institute continue de livrer des doses chaque mois. Le laboratoire turc Dollvet participera lui aussi à l’approvisionnement, confirmant une diversification des partenariats pour sécuriser les volumes nécessaires face à la crise.
Relancer la production nationale
Au-delà des importations, Pretoria entend renforcer ses capacités internes. Le 6 février, le Conseil de recherche agricole (ARC) a remis un premier lot de 12 900 doses produites localement.
L’ARC prévoit une production initiale de 20 000 doses par semaine, avec un objectif de 200 000 doses hebdomadaires d’ici 2027. Le ministre a rappelé que l’Afrique du Sud avait perdu sa capacité nationale de production de vaccins en 2005, devenant depuis largement dépendante des importations.
La stratégie actuelle vise à vacciner 80 % du cheptel national d’ici décembre. Cette approche combine importations massives et montée en puissance industrielle afin de renforcer la sécurité sanitaire du pays.
Quarantaines et mobilisation élargie
Des mesures strictes accompagnent ce plan. Toute exploitation où un cas est suspecté ou confirmé est immédiatement placée en quarantaine. Les déplacements d’animaux à sabots fendus et de produits animaux non transformés sont interdits depuis les fermes concernées.
Le ministre a précisé qu’une « zone de protection » pourrait être instaurée si nécessaire, afin d’appliquer des règles uniformes dans les zones à risque.
Pour accélérer la campagne nationale, les vétérinaires privés sont désormais autorisés à s’enregistrer pour administrer les vaccins. John Steenhuisen a déclaré : « Protéger l’agriculture ne concerne pas seulement les agriculteurs. Il s’agit de protéger la croissance économique, les emplois et la stabilité. »
Dans un contexte de croissance estimée à environ 1,5 %, la gestion de cette crise sanitaire représente un enjeu majeur pour les autorités sud-africaines. En combinant coopération internationale et relance de la production locale, Pretoria cherche à stabiliser son secteur agricole et à préserver un pilier essentiel de son économie.