Depuis la clôture de la phase officielle de vente en janvier, la plateforme de revente autorisée par la FIFA voit les prix s’envoler. Pour le match France–Sénégal du 16 juin, les billets de catégorie 3, situés en haut des gradins, se négocient à environ 1 000 $ contre 219 $ à l’achat initial. Les places les plus proches du terrain, en catégorie 1, atteignent 1 380 $, soit plus du double de leur prix de base (620 $).
La tendance se répète sur d’autres rencontres : Brésil–Maroc, le 13 juin, voit les billets les plus hauts proposés à 1 725 $, soit plus de sept fois le tarif initial. Et pour la finale prévue le 19 juillet, un billet de catégorie 1, initialement à 7 875 $, est affiché autour de 20 000 $ sur le marché secondaire.
Ces tarifs hors normes s’expliquent par le fonctionnement de la bourse officielle de la FIFA, qui permet aux supporters d’acheter et de revendre leurs billets entre fans. L’instance mondiale précise dans ses conditions que le revendeur fixe librement le prix et que la plateforme ne fait office que de facilitateur, prélevant des frais de 15 %. « Ces tarifs exorbitants ne me surprennent pas », commente Guillaume Auprêtre, porte-parole des Irrésistibles Français (IF), principal groupe de supporters des Bleus. « Beaucoup achètent pour revendre, et ce sont les passionnés qui paient les pots cassés ».
Une demande exceptionnelle
La FIFA justifie ces tarifs par une demande exceptionnelle : la deuxième phase de vente a attiré 500 millions de fans, selon son président Gianni Infantino. Elle a toutefois mis en place une catégorie de billets à 60 $ réservée aux clubs officiels de supporters, mais le quota reste très limité. Une dernière phase de vente « de dernière minute » est prévue à partir d’avril, sur le principe du premier arrivé, premier servi.
Si la billetterie officielle reste hors de portée pour beaucoup, le marché de la revente, libre aux États-Unis et au Canada, se transforme en véritable phénomène spéculatif, donnant lieu à des tarifs parfois dix fois supérieurs à ceux pratiqués à l’achat. Pour les fans, la Coupe du monde 2026 s’annonce donc aussi comme un défi pour le portefeuille.