Afrique

Gazoduc transsaharien : Alger et Niamey accélèrent un projet énergétique stratégique

L’Algérie et le Niger lancent concrètement les travaux du gazoduc transsaharien après le Ramadan. Cet ancien projet vise à relier le gaz nigérian à l’Europe via le Sahara. La coopération s’étend aussi aux domaines social et sécuritaire pour stabiliser la région.

Une nouvelle phase s’ouvre dans les relations entre l’Algérie et le Niger avec l’officialisation du lancement opérationnel du gazoduc transsaharien, annoncé à Alger, à l’issue d’un sommet entre les présidents Abdelmadjid Tebboune et le général Abdourahamane Tiani.

Ce projet, longtemps resté au stade des intentions, entre désormais dans sa phase concrète : les premiers travaux sur le territoire nigérien doivent débuter immédiatement après le mois de Ramadan, marquant une avancée majeure pour l’intégration énergétique régionale.

Des relations renforcées

Imaginé dès les années 1980 puis relancé au début des années 2000, ce corridor gazier vise à acheminer le gaz nigérian vers la Méditerranée via le Niger et l’Algérie, afin d’alimenter directement les marchés européens. Long de plus de 4 000 kilomètres, le pipeline représente un enjeu stratégique dans un contexte de recomposition énergétique mondiale, l’Europe cherchant à diversifier ses approvisionnements tandis que les pays sahéliens espèrent tirer profit de leurs ressources naturelles.

Au-delà de l’énergie, Alger entend renforcer son ancrage régional. Le président Tebboune a affirmé que l’Algérie mettrait son expertise technique et ses capacités financières au service du Niger, tout en annonçant plusieurs projets sociaux : création d’un centre de dialyse, construction d’établissements secondaires et édification d’une Maison de la presse à Niamey. Cette coopération élargie s’accompagne d’un volet sécuritaire affirmé, les deux pays affichant une coordination totale face à la menace terroriste dans le Sahel.

En consolidant à la fois les liens économiques, humains et sécuritaires, Alger et Niamey cherchent ainsi à transformer ce projet gazier en levier de stabilité régionale. Le gazoduc transsaharien apparaît désormais comme un symbole d’interdépendance stratégique entre deux États décidés à peser davantage dans les équilibres énergétiques et géopolitiques du continent.