Ouagadougou durcit les règles d'activité sur le territoire burkinabé pour les grandes entreprises étrangères en introduisant de nouvelles conditions dans le secteur économique. Ainsi, le Conseil des ministres du Burkina Faso a adopté, le 12 février, un décret fixant les conditions et les modalités de construction, sur le territoire national, d’un siège social pour les sociétés ayant réalisé un chiffre d'affaires d'au moins 5 milliards de francs CFA au cours des trois dernières années.
Les exigences varient entre des bâtiments d'une hauteur minimale de trois à sept étages, avec un parking obligatoire. Pour les grandes entreprises, des critères d’efficacité énergétique sont également pris en compte. Les entreprises intéressées disposent de six mois pour soumettre leur candidature et de 36 mois pour achever la construction. Elles pourront également acquérir des bâtiments existants pour y établir leur siège social.
En contrepartie, les entreprises bénéficieront d’avantages sur les matériaux de construction et d’un accès simplifié au foncier grâce à Sonature, une réforme visant à structurer le paysage urbain, à renforcer la présence locale des entreprises et à stimuler les investissements nationaux. « L’adoption de ce décret permet de doter notre pays d’un instrument réglementaire efficace pour la mise en œuvre de la loi sur l’obligation de construction, au Burkina Faso, d’un siège pour les grandes entreprises », a indiqué le communiqué officiel.
Un décret obligeant les entreprises étrangères à fort chiffre d'affaires à établir leur siège social sur le territoire du Burkina Faso avait déjà été adopté en novembre dernier par l’Assemblée législative de transition. Cette mesure fait suite à la décision de Ouagadougou d’obliger l’opérateur de téléphonie mobile français Orange à payer ses impôts directement dans le pays africain. Auparavant, l’entreprise s’acquittait de ses impôts en France, tout en percevant ses revenus au Burkina Faso.