Afrique

Mali : la licence de Barrick pour Loulo-Gounkoto prolongée de dix ans

Après deux ans de tensions entre Bamako et la société canadienne Barrick, le Conseil des ministres du pays africain a approuvé le 13 février une extension de dix ans de la concession aurifère. La production annuelle prévue est de 420 000 onces d’or.

Le gouvernement malien a approuvé la prolongation pour dix ans de la licence accordée à la société canadienne Barrick Mining pour l'exploitation aurifère du gisement de Loulo-Gounkoto, dans la région de Kayes. Cette décision a été prise le 13 février par le Conseil des ministres malien sur la base d'un rapport du ministre malien des Mines, Amadou Keita.

Dans le cadre de la prolongation de la licence, la société a confirmé l'existence de réserves rentables pour six ans d'exploitation à ciel ouvert et seize ans d'exploitation souterraine. La production annuelle est estimée à 420 000 onces d’or. Adopté à la veille de l'expiration de la licence initiale, délivrée le 14 février 1996 pour une durée de trente ans, ce décret a mis fin à près de deux ans de tensions entre Bamako et la société canadienne.

Le gisement en cours d'exploitation est géré par la Société des Mines de Loulo, dont 80 % des actions sont détenues par Barrick et 20 % par l'État malien. Son périmètre, qui était initialement de 48 km², couvre désormais plus de 261 km² dans la région de Kénébou, après avoir été modifié à trois reprises.

Un conflit né du Code minier révisé

Les relations entre Bamako et Barrick s’étaient fortement dégradées après l’adoption, en 2023, d’un Code minier révisé renforçant la fiscalité et la participation de l’État. Le différend avait conduit à la suspension des exportations, à la mise sous administration provisoire du site et à la saisie d’environ trois tonnes d’or.

Barrick avait saisi le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements, avant de retirer sa plainte dans le cadre d'un accord conclu en novembre 2025. En contrepartie, les autorités maliennes se sont engagées à restituer la gestion complète du gisement et les stocks d’or confisqués.

Ces tensions ont pesé lourdement sur la production nationale. Troisième producteur d’or du continent africain, le Mali a vu sa production industrielle chuter à 42,2 tonnes en 2025, contre 54,8 tonnes en 2024, loin du pic atteint en 2023 (66,48 tonnes). Le seul site de Loulo-Gounkoto n’aurait produit qu’environ 5,5 tonnes d’or en 2025, contre plus de 22 tonnes l’année précédente.