Afrique

Éthiopie : un 39ᵉ sommet de l'Union africaine centré sur l’eau, la souveraineté, la sécurité et le commerce

Plusieurs enjeux cruciaux pour le continent africain seront débattus lors de ce sommet à un moment où l’Afrique fait face à plusieurs défis géopolitiques, économiques et sécuritaires. À l’occasion du sommet, João Manuel Gonçalves Lourenço a passé la présidence tournante de l’Union africaine à Évariste Ndayishimiye.

Le 39ᵉ sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine s’est ouvert ce 14 février dans la capitale de l'Éthiopie, à Addis-Abeba, pour une durée de deux jours, avec la participation d’une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement, présents dans la salle Nelson Mandela au siège de l’organisation africaine. À l'occasion de ce rendez-vous important à l’échelle continentale, placé sous le thème « Garantir un accès durable à l’eau et à des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », plusieurs sujets cruciaux seront aussi débattus, à l’instar des défis de la souveraineté, de la sécurité et des affaires de commerce interafricains dans le cadre de la ZLECAf.

La gestion durable de l’eau et de l'assainissement, un thème central du sommet

L’un des enjeux les plus importants à l’ordre du jour du sommet sera la question de la gestion durable de l’eau et de l’assainissement, le continent comptant plus de 400 millions de personnes dépourvues d’accès à de l’eau potable et plus de 800 millions ne disposant pas de services d’hygiène de base. À propos de l’aspect crucial de l’eau pour le continent, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a déclaré lors de son discours qu’« alors que nous élaborons l’African Water Vision 2025 (Vision africaine pour l'eau 2025), nous nous appuyons sur une vérité simple : l'eau est plus qu'une ressource, c'est le fondement du développement, de l'innovation et de la stabilité. Elle façonne nos villes, nos fermes, notre santé et notre paix ».

Le président de la Commission de l’Union africaine appelle à accélérer leur intégration politique et économique

Lors de sa prise de parole, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a qualifié l’accès à l’eau de bien collectif indispensable au développement et à la paix, mais il a aussi souligné que cette réunion intervient dans un contexte de fortes turbulences géopolitiques, marqué par des conflits persistants, une fragilité institutionnelle et une recrudescence des changements anticonstitutionnels de gouvernement sur le continent. Il a dans ce contexte exhorté les États membres à accélérer leur intégration politique et économique, conformément à la vision directrice de l’Agenda 2063.

Concernant le volet de la réforme institutionnelle et l'autonomie financière, il a souligné leur caractère impératif face à la diminution des financements extérieurs, appelant à une mobilisation accrue des ressources nationales et à une mise en œuvre plus rapide des programmes phares du continent, notamment l'industrialisation, la transformation agricole, le développement énergétique et l'expansion des infrastructures, qualifiés de conditions essentielles à une croissance durable.

Le président du Burundi élu à la tête de l'Union africaine

João Manuel Gonçalves Lourenço, président de la République d'Angola et président sortant de l'UA, a passé la présidence tournante de l’organisation à son homologue du Burundi, Évariste Ndayishimiye, pour l’année 2026. Lors de son discours, le chef de l'État burundais a déclaré que son pays « exercera cette présidence dans un esprit d’écoute, d’impartialité et de coopération avec tous et pour le bien de tous, dans la recherche constante du consensus ».

Évariste Ndayishimiye a aussi fait part de son intention de mettre l’accent sur la jeunesse et l’innovation pour réussir son mandat. « Je compte faire de mon mieux pour solliciter les jeunes lors du dialogue continental de la jeunesse pour contribuer à la renaissance africaine par l’innovation et ainsi forger la souveraineté culturelle et numérique. Évidemment cette transformation ne peut être dynamique que si elle fait interagir les acteurs économiques africains entre eux », a-t-il déclaré.